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Cameroun | Crise post-électorale: Un activiste déclaré non coupable

André Blaise Essama, l'activiste qui était détenu à la prison centrale de Douala depuis neuf mois, vient d'être reconnu non coupable des faits d'"apologie d'atteinte à la sûreté de l'État". Le verdict vient d'être rendu au tribunal militaire de Douala.

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Par Serge Aimé BIKOI

C’est un ouf de soulagement qu’André Blaise Essama pousse aujourd’hui lui qui souffre, ces derniers temps, d’un diabète. Bien de personnalités publiques et d’entrepreneurs de la société civile avaient appelé à la libération de cet activiste depuis que cette maladie avait atteint des proportions inquiétantes et l’affaiblissait déjà. Ce mercredi, celui qui se prévaut d’être combattant nationaliste a été déclaré non coupable de fait “d’apologie d’atteinte à la sûreté de l’État” par le tribunal militaire de Douala.

Le 7 novembre 2025, au lendemain de la prestation de serment de Paul Biya, A.B. Essama est arrêté sans mandat, sans convocation et sans assistance d’un avocat. Son seul tort : avoir dénoncé publiquement les violences post-électorales et appelé à un deuil national après la mort de plusieurs citoyens.
Selon son récit, “la commissaire du 4ᵉ arrondissement de Douala, agissant, de manière personnelle et partisane, a orchestré son interpellation. Déjà, le jour du scrutin, elle l’avait empêché de surveiller les opérations de vote dans son centre à Deido”.

Après son arrestation, il est conduit dans les geôles de la police judiciaire de Douala-Bonanjo, puis placé en garde à vue administrative sur décision du gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua. Malgré une procédure d’habeas corpus engagée par son avocat, Maître Fabien Kengne, la situation évolue vers une escalade judiciaire : l’affaire est portée devant le tribunal militaire de Douala sous des accusations liées à “l’apologie d’atteinte la sûreté de l’État”.

André Blaise Essama, surnommé “le combattant”, né le 28 avril 1976 est un activiste camerounais connu pour avoir été emprisonné à la suite de la destruction de statues et monuments des figures coloniales au Cameroun. Il grandit dans plusieurs villes du Cameroun, notamment Maroua, Garoua, Bamenda, Bafoussam et Douala, en raison des affectations professionnelles de son père. Il obtient un baccalauréat de série G3, option marketing, puis s’oriente vers des études en informatique. Au début des années 2000, Essama développe un intérêt pour les questions de mémoire historique et de symboles coloniaux, qui orientent progressivement, son engagement militant. Ses activités militantes l’ont conduit à faire la prison pour “trouble à l’ordre public”. Il est arrêté au moins 78 fois en 17 ans de militantisme. Il a, parfois, passé jusqu’à six mois en prison et a été sommé de payer plusieurs millions de Fcfa d’amendes. Cette figure de la contestation s’oppose également au gouvernement de Paul Biya, qu’il perçoit comme étant “un personnage postcolonial”.

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