Par Martin Lemur
Dans un courrier adressé au secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, Sébastien Lecornu estime qu’il y a « urgence » à mettre en place une réponse opérationnelle « plus réactive et plus forte » face aux cyberattaques visant les administrations françaises. « Il faut reprendre l’initiative sur le terrain », affirme le chef du gouvernement, qui reconnaît également que « peu de ministères sont au niveau requis » en matière de cybersécurité.
Cette décision intervient quelques jours après la révélation d’un piratage de grande ampleur de l’administration fiscale. Deux intrusions, survenues fin juin et fin juillet, ont notamment entraîné l’extraction de données concernant des particuliers et des entreprises. Selon les autorités, au moins 678 000 usagers ont été touchés par l’une des attaques, tandis qu’une seconde intrusion visant le serveur professionnel de données cadastrales concernait environ 200 000 comptes.
Le gouvernement avait déjà lancé, fin avril, un plan de renforcement de la protection numérique de l’État. Celui-ci prévoit notamment 200 millions d’euros d’investissements, une nouvelle gouvernance numérique des administrations et l’affectation, à partir de 2027, de 5 % des budgets numériques de chaque ministère à la cybersécurité. Selon Matignon, la France enregistre depuis le début de l’année 2026 environ trois vols de données par jour.
La création de cette nouvelle unité doit désormais permettre à l’ANSSI de disposer d’une capacité d’intervention plus rapide alors que la succession des attaques met en lumière les vulnérabilités persistantes des systèmes informatiques de l’État.
