Par Armand Soussia
Au Cameroun, dirigé par Paul Biya, la célébration de la Journée internationale de la presse, le 3 mai 2026, intervient dans un contexte de fortes inquiétudes pour la profession. Le pays recule encore dans le classement mondial de la liberté de la presse, se positionnant désormais au 133e rang sur 180 États, confirmant une dégradation continue de l’environnement médiatique.
Les organisations professionnelles tirent la sonnette d’alarme : les journalistes évoluent dans un climat marqué par les menaces, les pressions économiques, les agressions physiques et les poursuites judiciaires abusives. Dans plusieurs régions en crise, l’insécurité accentue les risques, contraignant de nombreux professionnels à travailler « la peur au ventre » ou à se taire.
Selon Reporters sans frontières, le danger est devenu structurel. Les journalistes critiques ou indépendants sont régulièrement exposés à des arrestations arbitraires, des violences, voire des risques d’assassinat. Cette réalité transforme profondément la pratique du métier, autrefois considéré comme une vocation noble, mais désormais assimilé à une activité périlleuse au quotidien.
Reporters Without Borders
À ces menaces s’ajoutent des fragilités économiques importantes. La précarité des rédactions, la dépendance financière et le contrôle politique du secteur réduisent l’indépendance des médias et favorisent l’autocensure. Dans ce contexte, la liberté d’informer recule, tandis que plusieurs voix critiques disparaissent progressivement de l’espace public.
Le Cameroun dispose pourtant d’un paysage médiatique dense et historiquement engagé, porté par des figures emblématiques comme Pius Njawé. Mais ces dernières années, les affaires d’agressions, d’arrestations et même d’assassinats de journalistes ont marqué les esprits, illustrant une dégradation profonde de la sécurité des professionnels des médias.
Dans ce pays d’Afrique centrale, la Journée mondiale de la presse ne se célèbre plus seulement comme un symbole de liberté, mais comme un rappel brutal des risques encourus par ceux qui informent.
