Par Joël Onana
L’archevêque de Bamenda, Mgr Andrew Nkea, a publié un avertissement solennel après l’enlèvement du père John Berinyuy, toujours entre les mains d’un groupe armé. Alors que six personnes — dont cinq prêtres — ont été libérées le 20 novembre, les ravisseurs ont décidé de retenir le père Berinyuy et exigent une rançon.
Dans un message adressé au clergé, Mgr Nkea indique que, faute de libération du prêtre avant le mercredi 26 novembre 2025, toutes les institutions catholiques du décanat de Ndop devront cesser leurs activités. Paroisses, écoles, chapelles et œuvres sociales seront fermées, et le personnel religieux devra quitter immédiatement la zone.
Il précise que ni l’Église locale ni les fidèles ne sont en mesure de garantir la sécurité des prêtres et religieux face à la recrudescence des enlèvements dans la région. L’archevêque ordonne dans ce cadre le retrait du Saint-Sacrement de toutes les églises, chapelles et oratoires, laissant les tabernacles ouverts jusqu’à nouvel ordre.
Cette décision marque une escalade inédite dans les tensions sécuritaires qui frappent la zone anglophone, où les attaques contre le clergé se multiplient. L’Église catholique espère ainsi exercer une pression morale sur les ravisseurs et alerter les autorités sur l’urgence de la situation.
Le père John Berinyuy fait partie d’un groupe de sept personnes enlevées il y a quelques jours dans la zone de Ndop. Bien que six d’entre elles aient été libérées le 20 novembre, les ravisseurs ont choisi de garder le prêtre, prolongeant une crise qui a suscité indignation et inquiétude au sein de la communauté catholique.
Les enlèvements ciblant le clergé se sont intensifiés ces dernières années dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, souvent liés à des groupes armés cherchant rançons ou pression politique. La déclaration de Mgr Andrew Nkea pourrait entraîner la paralysie totale des services catholiques dans la zone si aucune avancée n’est enregistrée d’ici le 26 novembre.
