Par Ilyass Chirac Poumie
Dans un contexte de débats autour de la révision constitutionnelle, le Barreau du Cameroun a exprimé de vives réserves sur le projet instituant un poste de vice-président nommé par le président de la République. Selon l’Ordre des avocats, une telle disposition contrevient à l’article 64 de la Constitution, en ce qu’elle remet en cause le principe fondamental de l’élection du chef de l’État au suffrage universel.
Le Barreau souligne que la proposition prévoit qu’en cas de vacance du pouvoir, le vice-président, désigné et non élu, succéderait automatiquement au président et achèverait son mandat, quelle qu’en soit la durée. Une telle configuration, selon les avocats, érode la légitimité démocratique attachée à la fonction présidentielle et affaiblit l’essence même du dispositif constitutionnel actuel.
Par ailleurs, l’institution relève que les fonctions attribuées au vice-président apparaissent marginales et peu cohérentes avec le rang de la fonction envisagée. Elle met également en garde contre la possibilité pour le président de contourner ce dernier en déléguant des pouvoirs à des membres du gouvernement placés sous son autorité hiérarchique, ce qui remettrait en question la pertinence même de la création du poste.
Enfin, le Barreau du Cameroun s’interroge sur l’opportunité financière d’une telle réforme, au moment où les autorités invoquent des contraintes budgétaires pour justifier la prolongation du mandat des conseillers municipaux.
Le débat sur la révision constitutionnelle au Cameroun s’intensifie, notamment autour de l’introduction d’un poste de vice-président présenté comme un mécanisme de continuité du pouvoir. Toutefois, cette proposition suscite une opposition croissante au sein de la société civile, des partis politiques et désormais des acteurs du monde juridique.
