Par Ilyass Chirac Poumie
Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dirigé par Maurice Kamto, a officiellement décidé de boycotter les obsèques de Anicet Ekane, figure historique de l’opposition, prévues le 9 mai. Le parti invoque une solidarité politique avec le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM), formation du défunt, qu’il accuse d’avoir été écartée de l’organisation des funérailles.
À l’origine de cette décision, un jugement rendu par le tribunal de première instance de Douala, qui confie l’entière responsabilité des obsèques au fils aîné du défunt, Muna Ekane. Cette décision retire de facto au Manidem tout rôle dans la préparation de la cérémonie, malgré le statut politique d’Anicet Ekane.
Le Mrc rappelle que le Manidem avait soutenu la candidature de Maurice Kamto à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, avant que ce scrutin ne soit marqué par l’exclusion controversée du candidat du parti, dans un contexte politique tendu sous le président Paul Biya.
Des éléments audio rendus publics par Mariane Ekane, sœur du défunt, indiquent que ce dernier avait exprimé de son vivant la volonté que son parti organise ses obsèques, la famille devant jouer un rôle d’accompagnement. Malgré cela, le calendrier funéraire annoncé par le Manidem a été contesté par Muna Ekane, qui a saisi la justice.
Le tribunal a tranché en faveur de ce dernier, le désignant comme unique organisateur et interdisant par ailleurs à la veuve d’Anicet Ekane de retirer la dépouille de la morgue.
En réaction, huit des onze frères et sœurs du défunt, ainsi que le Manidem, ont annoncé leur refus de participer aux funérailles dans ces conditions. Cette fracture ouverte entre la famille biologique et la famille politique du disparu accentue les tensions autour de la mémoire et de l’héritage politique d’Anicet Ekane.
Anicet Ekane, acteur majeur de la vie politique camerounaise et président du Manidem, est décédé en détention le 1er décembre 2025. Sa mort continue de susciter de vives réactions au sein de l’opposition, qui y voit un symbole des tensions politiques persistantes au Cameroun.
