Par Joël Onana
Selon les informations communiquées à l’audience, le report est motivé par la « non-extraction du prévenu », les services pénitentiaires n’ayant pas conduit Patrick Mengue du lieu de détention vers le tribunal. Le box des accusés est ainsi resté vide lors de cette première comparution très attendue.
Le collectif de défense, composé de huit avocats intervenant bénévolement, a dénoncé une situation prolongeant l’incertitude judiciaire autour de cette affaire. Me Batam Nkolong et ses confrères ont notamment critiqué les conditions ayant conduit à ce renvoi.
L’affaire trouve son origine dans une publication attribuée à Patrick Mengue après l’annonce du décès de Marcel Niat Njifenji, président du Sénat camerounais. Le jeune homme aurait écrit sous un message diffusé en ligne : « Seigneur tu te rapproches déjà de la cible encore un effort stp ». Les autorités ont considéré ces propos comme susceptibles de constituer une menace ou une incitation visant de hautes personnalités de l’État.
D’après les déclarations de ses proches et de ses avocats, Patrick Mengue a été interpellé par des hommes en civil armés avant d’être conduit au Secrétariat d’État à la Défense (SED). La défense affirme qu’il a subi des violences physiques et des traitements inhumains et dégradants durant sa détention.
Les avocats soutiennent également que leur client a été auditionné sans assistance juridique lors de l’établissement de son procès-verbal au cours de l’enquête préliminaire. Ce n’est qu’après son placement sous mandat de dépôt à la prison centrale de Kondengui que le collectif d’avocats a officiellement pris sa défense.
L’audience annoncée pour le 25 mai devrait permettre au tribunal de préciser les charges retenues contre Patrick Mengue et d’examiner les contestations soulevées par ses conseils concernant les conditions de son arrestation et de son interrogatoire.
L’affaire Patrick Mengue suscite un important débat au Cameroun autour des limites de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux et des procédures judiciaires engagées dans les dossiers impliquant des questions de sécurité d’État. Le Secrétariat d’État à la Défense (SED), où le prévenu aurait été détenu après son arrestation, est régulièrement cité par des organisations de défense des droits humains dans des dénonciations relatives aux conditions de détention et aux méthodes d’enquête.
