Par Ilyass Chirac Poumie
Le ministre d’État, également ministre de l’Enseignement supérieur, soutient que les arguments avancés par les partisans d’une vacance du pouvoir sont dépourvus de tout fondement juridique. Selon lui, la Constitution camerounaise ne fixe aucune durée maximale pour un séjour du chef de l’État à l’étranger. En conséquence, l’absence physique du président ne saurait, à elle seule, être assimilée à une vacance de la magistrature suprême.
Le responsable du Rdpc insiste également sur la continuité du fonctionnement des institutions. D’après Jacques Fame Ndongo, Paul Biya continue d’exercer pleinement ses fonctions depuis l’étranger, en examinant les dossiers de l’État, en donnant des instructions à ses collaborateurs et en assurant la conduite des affaires publiques grâce aux moyens modernes de communication et à des audiences organisées à distance.
Au-delà de l’argumentation juridique, le communiqué condamne avec fermeté les rumeurs faisant état d’une incapacité ou du décès du chef de l’État. Le secrétaire national à la Communication du Rdpc dénonce une campagne de désinformation et appelle les responsables politiques, les médias et les citoyens à s’en tenir aux faits plutôt qu’aux spéculations.
Cette sortie intervient alors que les interrogations se multiplient autour de l’absence prolongée du président Paul Biya, en séjour privé à l’étranger depuis plusieurs semaines. L’opposition et plusieurs acteurs de la société civile estiment que cette situation relance le débat sur les mécanismes de continuité de l’État, tandis que le parti au pouvoir maintient qu’aucune disposition constitutionnelle ne permet de conclure à une vacance du pouvoir dans les circonstances actuelles.
Le débat sur la vacance du pouvoir s’est intensifié ces dernières semaines au Cameroun, alimenté par l’absence prolongée du chef de l’État et par plusieurs prises de position de partis d’opposition et de juristes. Le Rdpc répond désormais par une argumentation juridique visant à affirmer que l’exercice des fonctions présidentielles se poursuit normalement, indépendamment de la localisation du président de la République.
