Par Julie Peh
Le Cameroun pourrait bientôt se doter d’un poste de vice-président de la République. Selon les contours de la réforme en préparation, cette fonction serait directement rattachée au président de la République, qui en nommerait le titulaire et définirait ses attributions. En cas de vacance du pouvoir pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président assurerait la continuité de l’État en terminant le mandat présidentiel en cours. Autre innovation majeure, contrairement au dispositif actuel, le vice-président pourrait se porter candidat à l’élection présidentielle à l’issue du mandat assuré.
Jusqu’à présent, la Constitution camerounaise prévoit qu’en cas de vacance de la présidence, l’intérim est assuré par le président du Sénat. Ce dernier organise alors une élection présidentielle anticipée dans un délai encadré, sans possibilité de se porter candidat. La réforme envisagée introduirait un changement de paradigme. Le vice-président, nommé par le chef de l’État au même titre que le Premier ministre exercerait ses fonctions pour une durée alignée sur celle du mandat présidentiel, sans pouvoir la dépasser.
Le président de la République conserverait toutefois une large marge de manœuvre qui considérait à définir librement les missions du vice-président et lui déléguer une partie de ses pouvoirs selon les modalités qu’il juge appropriées. Ce nouveau dispositif viserait à renforcer la stabilité institutionnelle et à assurer une continuité plus directe du pouvoir exécutif, tout en ouvrant la voie à une participation du vice-président à la compétition électorale, une fois le mandat achevé. Cette réforme, si elle est adoptée, pourrait redessiner durablement l’équilibre des institutions camerounaises et relancer le débat sur la succession au sommet de l’État.
