Par Joël Onana
Semences améliorées, intrants agricoles, équipements et autres appuis publics financés par le contribuable seraient ainsi détournés de leur vocation première pour être présentés comme des largesses individuelles ou des initiatives personnelles. Une manœuvre qui vise à capter la sympathie des populations et à consolider des positions politiques locales.
Cette pratique est vivement dénoncée par plusieurs acteurs du développement rural qui rappellent une évidence : les dotations du Minader ne sont ni un patrimoine privé, ni un outil de propagande politique. Elles relèvent de l’action publique et doivent bénéficier équitablement aux producteurs agricoles.
Pour bien d’entrepreneurs agropastoraux de cette aire culturelle, cette récupération opportuniste constitue une insulte aux agriculteurs et un mépris pour les politiques publiques de l’État. Elle brouille la lisibilité de l’action gouvernementale et fragilise la confiance entre les populations et les institutions. Face à cette situation, des appels se multiplient pour mettre un terme à ces pratiques et restaurer l’éthique dans la gestion des appuis publics, afin que les programmes du ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) profitent réellement aux agriculteurs de la Lékié et non à certaines personnalités politiques qui nourrissent, tous azimuts, des ambitions à l’approche des échéances électorales locales.
