Par Ilyass Chirac Poumie
La tension monte dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle camerounaise. Dans la soirée du 6 octobre 2025, Aboubakar Ousmane Mey, membre actif de l’équipe de campagne du candidat Bello Bouba Maigari (UNDP), a été arrêté à son domicile à Garoua.Selon plusieurs sources politiques et locales, l’opération aurait été menée sur instruction du Préfet de la Bénoué, sans mandat judiciaire connu.La réaction de l’opposition ne s’est pas fait attendre.Dans un communiqué ferme, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) dénonce une
« arrestation arbitraire et illégale » et accuse le pouvoir d’utiliser « l’appareil administratif et sécuritaire à des fins d’intimidation politique ».
Le parti de Mamadou Mota exige la libération immédiate de M. Mey et interpelle la communauté internationale sur le recul de l’État de droit.
Du côté du parti de la victime, l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP) a également publié une déclaration, qualifiant l’acte de « regrettable » tout en appelant à l’apaisement. Le président national, Bello Bouba Maigari, a tenu à préciser qu’il n’était « mêlé, ni de près ni de loin, à cet incident », et a demandé la libération de son collaborateur.
L’Union pour le Changement, formation alliée à Issa Tchiroma Bakary, a pour sa part dénoncé une « manœuvre d’intimidation contraire à l’esprit démocratique » et averti que ces pratiques
« ternissent gravement le processus électoral ». Son porte-parole, Anicet Georges Ekane, a appelé le régime à « faire preuve de retenue et de respect des droits fondamentaux ».
Enfin, le PURS de Serge Espoir Matomba a, dans un communiqué publié à Meiganga, exprimé sa « vive préoccupation » et rappelé que la paix ne peut se construire que sur
« le respect des libertés fondamentales ». Le parti a exigé la libération sans condition de M. Mey, tout en invitant les forces politiques à « la responsabilité et à la cohésion nationale ».
À six jours de l’élection présidentielle, l’arrestation d’Aboubakar Ousmane Mey intervient dans un climat politique tendu. Plusieurs incidents similaires ont déjà été signalés au cours de la campagne, marquée par une méfiance généralisée entre pouvoir et opposition.
Cette convergence inédite de quatre formations d’opposition sur un même sujet illustre la gravité de l’événement et pourrait renforcer les appels à une observation internationale accrue du scrutin du 12 octobre, dont l’enjeu principal reste la succession du président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982.
