Par Mon’Esse
Le gouvernement du Cameroun «est en train de travailler pour faire du secteur de l’or une mine exceptionnelle de ressources financières pouvant contribuer à l’élargissement de l’assiette fiscale et au renforcement des réserves d’or de l’État», a assuré le ministre du secteur, Fuh CAlistus Gentry, dans un communiqué consulté mardi par la rédaction.
Selon lui, les écarts constatés entre les déclarations officielles de vente d’or et les constats dressés par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie), découlent des difficultés de sortie du territoire dues à la porosité des frontières terrestres utilisées en grande partie par des exploitants des pays voisins pour acheminer l’or aux Émirats arabes unis au nom du Cameroun, comme pays d’origine.
Le mystère demeure donc entier au Cameroun, près de 3 semaines après la publication du rapport 2023 de l’Itie, qui a révélé que 99% de l’or du pays s’évapore vers l’étranger sans laisser de trace dans les caisses de l’État.
Selon le dernier rapport Itie, présenté le 10 décembre, le Cameroun a officiellement exporté 22kg d’or en 2023 alors que, aux Émirats arabes unis, les registres indiquent que ce pays a reçu 15,2t d’or camerounais, un écart abyssal n’est pas qu’une simple erreur de calcul mais laisse bien voir que Yaoundé a laissé s’envoler 165 milliards de francs de recettes.
Avec ces flux massifs non déclarés, l’État camerounais a en effet été privé de recettes évaluées à près de 165 milliards de francs CFA, soit plus de 250 millions d’euros.
Selon le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, son département n’assure que des missions de définition et de gestion de la politique minière, tandis que la Société nationale des mines (Sonamines) assure la gestion et le contrôle de la production de l’or et détient, aussi, l’exclusivité de la commercialisation de l’or produit.
En vue d’apporter des solutions aux problèmes sus-évoqués, le gouvernement, assure Fuh CAlistus Gentry, préconise dès janvier la fermeture des sites d’exploitation minière artisanale semi-mécanisée de l’or ne disposant pas d’un système de traitement de gravier minéralisé en vase clos, le renforcement des moyens financiers et technologiques de la Sonamines pour le rachat de l’or produit au Cameroun, mais aussi le contrôle de la production à distance par les moyens modernes, le développement de la mine industrielle dont les études de faisabilité permettent de faire des prévisions de production.
