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Cameroun | Mort en détention de l’opposant Anicet Ekane: Un caillou dans les souliers du pouvoir

Le Président du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (Manidem), est mort en détention le 01er décembre 2025 au Centre Médical de la Gendarmerie à Yaoundé, à l’âge de 74 ans.

by Panorama papers
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Par Eric Boniface Tchouakeu


Il s’agit d’une situation que personne n’aurait souhaitée, y compris les acteurs de premier plan de bonne foi du régime en place. Le pouvoir est maintenant obligé de dire avec exactitude, et sans le moindre doute pour l’opinion, ce qui a réellement été à l’origine de la mort de Anicet Ekane.
On le savait certes malade, lui-même n’ayant jamais caché ses soucis de santé, notamment respiratoires durant les derniers mois.
Interpellé le 24 octobre 2025 à Douala, où il a vu le jour le 17 avril 1951 et où il résidait, dans le cadre des tensions post-électorales de la présidentielle aux résultats fortement contestés du 12 octobre, Anicet Ekane a ensuite été conduit à Yaoundé où il était détenu dans une cellule du Secrétariat d’Etat à la Défense (SED), qui fait office de quartier général de la Gendarmerie.
Il était depuis lors, privé de son extracteur d’oxygène confisqué par le Commandant de la légion de Gendarmerie du Littoral basée dans la ville de Douala en poste depuis mars 2025, le Colonel Jean-Pierre Otoulou, selon ses avocats.

Ces derniers avaient ensuite alerté sur les risques qu’une telle situation pouvait avoir sur la santé de Anicet Ekane, présenté comme un « extrato-oxygéno dépendant.» Les conseils de l’opposant par l’entremise notamment du Cabinet de Maître Hippolyte Meli Tiakouang avaient tenté le 13, puis le 15 novembre 2025 sans succès de récupérer le matériel médical du Président du Manidem à la légion de Gendarmerie du Littoral, d’après leurs déclarations.
Ce n’est finalement que le jeudi 27 novembre que

« cinq gendarmes non identifiés par Anicet Ekane lui ont fait décharger en personne sur son lit de malade, ses équipements personnels (extracteur d’oxygène et accessoires) »,

ont indiqué ses avocats ce jour-là.

Ces équipements « n’avaient pas encore fait l’objet de tous les checkings nécessaires avant usage. Seuls les médecins militaires ayant jusqu’alors confirmé leur état de bon fonctionnement sans vérifications contradictoires de ses propres médecins », avaient-ils aussi relevé.
Et jusqu’à la veille de son décès, son parti politique a alerté sur la dégradation de l’état de santé de son leader, en appelant à son transfert au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Yaoundé, pour des soins plus appropriés. Ce qui n’a pas été fait.
Tout cela devrait aujourd’hui mettre le pouvoir dans l’embarras. Car Anicet Ekane était redevenu ces derniers mois, une figure de poids de l’opposition sur la scène politique, après l’avoir été au début des années 1990 et une sorte de « passage à vide.»
Il avait accordé l’investiture de son parti à la présidentielle du 12 octobre 2025 à celui qui était alors le principal opposant au régime, Maurice Kamto, avant que la candidature de ce dernier ne soit invalidée par l’organe électoral et le Conseil Constitutionnel.
Anicet Ekane, a ensuite jeté son dévolu à travers l’Union pour le Changement (UPC) 2025, plateforme de circonstance dont il était l’un des initiateurs, sur le candidat Issa Tchiroma Bakary, dont il était devenu l’un des principaux soutiens.

C’est l’ancien Ministre Issa Tchiroma Bakary selon la plateforme UPC 2025 qui a remporté la présidentielle, même si le c’est le Président Paul Biya qui a été proclamé élu par le Conseil Constitutionnel.
D’où les tensions post-électorales toujours en cours et qui ont conduit à l’interpellation de Anicet Ekane et plusieurs centaines de partisans de Issa Tchiroma Bakary, encore détenues. Cette crise qui a déjà aussi fait de 20 à plus de 40 morts selon des sources risque maintenant d’être amplifiée par le décès en situation de privation de la liberté du Président du Manidem.
Le communiqué du Porte-parole de l’armée publié le même 01er décembre 2025 qui y indique notamment que, conformément à la procédure en vigueur, « une enquête a été ouverte afin d’établir avec précision les circonstances du décès » en détention de Anicet Ekane, ne semble pas en mesure de changer quoi que ce soit.

Et même si le Capitaine de Vaisseau Cyrille Serge Atonfack Gueme précise qu’« Il était pris en charge de manière appropriée par le corps médical militaire, de concert avec ses médecins personnels et bénéficiait d’un suivi complémentaire dans les formations hospitalières » de Yaoundé.
En dépit de cette communication de l’armée camerounaise, les contenus des hommages « très politiques » qui sont depuis rendus à Anicet Ekane semblent indiquer que les opposants au régime regroupés au sein des « forces du changement », comptent bien exploiter politiquement la mort du combattant politique aujourd’hui de regretté mémoire.
Les organisations de défense des droits humains pourraient les aider même involontairement dans cette voie.

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