Par Ilyass Chirac Poumie
L’absence du sénateur Charles Mbella Moki lors du vote d’adoption de la loi portant création du poste de vice-président de la République suscite interrogations et commentaires au sein de la classe politique camerounaise.
Membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) et ancien maire de Buea, l’élu du Sud-Ouest ne s’est pas présenté à cette séance jugée cruciale, marquant ainsi une prise de distance inhabituelle vis-à-vis de la ligne de son parti.
Cette absence intervient peu après la publication, sur sa page Facebook, d’un message au ton cryptique, dans lequel il appelait les élites de la région du Sud-Ouest à se regrouper. Sans mention explicite du texte en discussion, cette sortie a été interprétée par plusieurs observateurs comme le signe d’un malaise ou d’un désaccord latent sur la réforme constitutionnelle en cours.
Le projet de loi, qui vise à instituer un poste de vice-président appelé à assurer la continuité de l’État en cas de vacance du pouvoir, constitue l’un des chantiers politiques majeurs du moment au Cameroun. Son adoption mobilise fortement les forces politiques, tant au sein de la majorité que de l’opposition.
Dans ce contexte, l’attitude de Charles Mbella Moki alimente les spéculations sur d’éventuelles dissensions internes, notamment au sein des élites du Sud-Ouest, région particulièrement sensible sur le plan politique.
Le Cameroun est engagé dans un processus de révision constitutionnelle visant notamment à créer un poste de vice-président de la République. Cette réforme, présentée comme un mécanisme de stabilité institutionnelle, suscite toutefois des débats et des réserves dans certains cercles politiques, en particulier dans les régions anglophones, où les questions de représentation et de gouvernance restent au cœur des préoccupations.
