Par Joseph OLINGA N.
L’équation est complexe pour le gouvernement camerounais. Entre les traditionnelles pressions du Fonds monétaire international (Fmi) et de la Banque mondiale pour la levée des subventions et, d’autre part, la réalité imposée par la fermeture du détroit d’Ormuz qui influence fortement sur le prix des hydraucarbures, le gouvernement doit opérer un choix impératif, dans des délais relativement courts. Qu’importe sa crainte de faire face aux réactions des populations déjà confrontées à la cherté de la vie, le gouvernement camerounais est contraint d’arrimer les prix du carburant et du gasoil à la conjoncture internationale.
La marge de manœuvre est d’autant plus réduite que le budget en cours prévoit onze (11) milliards de Francs Cfa, consacrés à la subvention des carburants. Une enveloppe qui s’avère insuffisante au regard des pressions auxquelles le marché international soumet les bonnes intentions du gouvernement. Dans le même temps, difficile d’imaginer une autre pioche sur l’hypothétique enveloppe de 8,816 milliards de Francs Cfa consacrée au budget 2026, au risque d’accentuer le déséquilibre déjà marqué par les pertes observée par la crise post-électorale et l’immobilisation du Port autonome de Douala au début de l’année en cours.
Le gouvernement qui mise sur l’arrimage des traders à son option d’approvisionnement sait bien que la partie a peu de chance d’être gagnée. Face à la rareté du pétrole et la forte demande à l’origine des fluctuations observées sur le marché international, il est improbable de croire au maintien des prix à la pompe, tel que pratiqués jusqu’ici. La probabilité d’une hausse des prix à la pompe est d’autant plus grande que le Cameroun, déjà confronté à des difficultés d’approvisionnements, du fait de sa trésorerie exsangue doit aussi faire face à la modicité de ses capacités de stockage.
