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Cameroun | Projet de révision de la loi fondamentale: Joshua Osih décrie un texte qui fragilise la légitimité, renforce la centralisation et ignore un contentieux historique majeur

Le leader national du Social democratic front (Sdf) était face à la presse nationale et internationale ce vendredi, 3 avril au siège régional du parti à Yaoundé. L'homme politique pense que le Cameroun mérite mieux qu'une réforme précipitée.

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Par Serge Aimé BIKOI

D’emblée, Joshua Osih relève que la commission spéciale mixte en charge de l’examen en profondeur du projet de loi portant instauration d’un poste de vice-président de la République a disposé de moins de deux heures pour examiner un texte qui engage, pourtant, l’avenir institutionnel du pays. “Moins de deux heures pour lire, comprendre, analyser et proposer. Moins de deux heures pour la Constitution de la République”.

Malgré cette contingence, le chairman du Social democratic front (Sdf) fait savoir à la presse nationale et internationale que les parlementaires de l’opposition ne se sont pas tus. Du moins dans le parti de la balance, un amendement simple dans sa formulation, mais fondamental dans sa portée a été porté à l’attention des autres membres de la commission spéciale. Joshua Osih appréhende cet amendement comme un “amendement de vérité et de responsabilité”, qui se décline comme suit: “Que le Président de la République et le Vice-président soient élus conjointement sur un même ticket et que ce ticket reflète la réalité historique de notre pays avec :

  • l’un issu de l’ancien Cameroun occidental ;
  • et l’autre issu de l’ancien Cameroun oriental”.

À défaut de cette élection conjointe, le député Sdf du Wouri-Centre membre de cette commission spéciale et ses collègues parlementaires du parti ont proposé, à tout le moins, que cette réalité historique soit reconnue dans la composition de l’Exécutif. “Ce n’est pas un détail. C’est une question de justice historique”, clame J. Osih. L’élu de la nation explique que cette révision constitutionnelle aurait pu être un moment de courage politique, mais elle s’est muée en une occasion historique manquée. “Un moment pour dire à tous les Camerounais : nous vous avons entendus. Nous avons compris. Nous corrigeons. Mais ce moment n’a pas été saisi. En rejetant toute amélioration et en fermant la porte à un dialogue réel, la majorité obèse au parlement a fait le choix de tourner le dos à une opportunité historique de réconciliation nationale”, indique le leader politique.

Au-delà de cette occasion manquée, Osih ajoute qu’il y a plus grave: une dérive préoccupante. En effet, le texte adopté prévoit un Vice-président : nommé par le Président et révoqué à sa seule discrétion. Cette prescription soulève une question fondamentale. Dans une démocratie, le pouvoir ne se donne pas, il est reçu du peuple. “Or, contrarie J. Osih, on crée une fonction stratégique -susceptible d’exercer les plus hautes responsabilités de l’État- sans aucune légitimité populaire. Ce n’est pas un progrès démocratique. C’est une concentration supplémentaire du pouvoir”.

En substance, le chairman du Sdf annonce que ce qui se met, aujourd’hui, en place n’est pas une alternance démocratique. “C’est une organisation de la succession sous le contrôle exclusif du pouvoir en place. C’est, en réalité, une forme étrange d’alternance autocratique. Et cela est d’autant plus préoccupant que cela contredit directement notre propre Constitution, qui est, pourtant, claire sur ce point”. L’article 5 al.2 dispose que “Le Président de la République est élu par la Nation tout entière et incarne l’unité nationale”. Dès lors, “comment accepter que celui qui peut demain exercer ces fonctions ne soit pas élu(e), mais simplement désigné(e)?”, s’interroge l’homme politique. Osih persiste et signe: “c’est une contradiction fondamentale. Une contradiction entre le principe et la pratique. Entre l’esprit et la lettre de notre loi fondamentale”.

In fine, J.Osih conclut à la thèse suivant laquelle le Sdf n’est pas opposé à la réforme. Fort au contraire, il est opposé à une réforme qui affaiblit la démocratie au lieu de la renforcer. “Nous avons simplement proposé plus de légitimité, plus d’équilibre et plus de cohésion nationale. Ce qui a été adopté fait exactement l’inverse. Le Cameroun mérite donc une réforme conforme à son histoire, attentive à ses fractures et à la hauteur de ses aspirations. Notre amendement était une proposition simple : unir par le droit, réconcilier par les institutions et construire l’unité par la justice. En rejetant toute amélioration et en fermant la porte au dialogue, la majorité parlementaire obèse a choisi de passer à côté d’une opportunité historique de réconciliation nationale”, conclut le leader national du Sdf.

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