Par Ilyass Chirac Poumie
Les conseillers du president elu Issa Tchiroma ont ferme la porte, ce mardi, a toute proposition ou negotiation visant a constituer un gouvernement d’union nationale avec le regime de Paul Biya. Selon eux, une telle initiative legitimerait une « usurpation du verdict des urnes » et irait a l’encontre de la volonte clairement exprimee par les electeurs lors du scrutin presidentiel du douze octobre.
Dans un communique transmis a la presse, les proches de Tchiroma affirment qu’aucune collaboration institutionnelle n’est envisageable tant que les resultats contestes proclames par les institutions d’Etat ne seront pas annules. Ils soutiennent que le seul mandat valide demeure celui
« confié au president Tchiroma par le peuple camerounais ».
Les conseillers appellent par ailleurs les citoyens, les activistes et les organisations de la societe civile a intensifier les actions de resistance pacifique, estimant que la pression populaire constitue aujourd’hui le plus puissant levier pour restaurer la legitimite democratique. Ils rappellent que les arrestations, intimidations et poursuites visant les soutiens de Tchiroma ne doivent en aucun cas dissuader la mobilisation.
Ce rejet categorique ravive les tensions politiques alors que plusieurs partenaires internationaux appellent a une sortie de crise par le dialogue. Le camp Tchiroma maintient sa ligne: aucune discussion ne peut avoir lieu tant que la souverainete du peuple ne sera pas respectee.
Depuis l’election contestee du douze octobre deux mille vingt cinq, le Cameroun est plonge dans une crise politique profonde. L’opposition et de nombreux observateurs affirment que les proces verbaux issus des bureaux de vote donnaient la victoire a Issa Tchiroma avant que les institutions ne proclament Paul Biya vainqueur. Le pays reste traverse par une vague de repression envers les militants pro Tchiroma.
