Par Zobel A Mbon
La délégation était conduite par madame TENE Mbimi Prisca, Coordonnatrice du Projet de Mobilité Urbaine de Douala. L’objectif était d’ aller auprès des populations qui verront leur quotidien transformé par l’arrivée du nouveau système de transport.
La Mairie de la ville était accompagnée dans cette première descente par Ridev, (Research Institut for Développement,) désigné comme association de médiation communautaire.Ladite association servira de pont entre la mairie de la ville et les populations. Ridev sera chargée de remonter les attentes, craintes et propositions des usagers, tout en vulgarisant les informations techniques de la Cud auprès des communautés.
Une priorité est accordée aux ménages, commerçants et propriétaires de commerces situés en bordure du tracé. Ce sont eux qui seront les plus exposés aux travaux et qui bénéficieront d’un dispositif d’indemnisation et d’accompagnement.
Lors des échanges, la délégation de la mairie de a ville détaillé la nature des ouvrages prévus, le principe de fonctionnement du Brt en site propre, les futures stations et l’aménagement des parcs de stationnement et espaces de correspondance.
Le temps fort de cette rencontre était l’écoute. Les équipes du Pmud ont noté les inquiétudes sur les déviations, l’accès aux commerces pendant les travaux et la sécurité des piétons. Le canton Bassa ouvre ainsi une tournée qui va s’étendre à tous les arrondissements traversés. Pour maintenir ce dialogue, 14 postes d’informations seront installés le long du parcours. Le Pmud est programmé sur 6 ans, avec une mise en service ciblée fin 2026.
Piloté par la Communauté Urbaine de Douala et soutenu à plus de 80% par la Banque Mondiale pour un financement global de 335,3 milliards de frs cfa, le Pmud ne se limite pas à faire circuler des bus.
Le Brt pilote de 28 km circulera sur une voie réservée, à l’abri des embouteillages pour un Résultat de 90 minutes économisées chaque jour pour un usager, et une capacité de 600 000 déplacements par jour.
Le Pmud mise sur la pédagogie et la co-construction. Les caravanes de terrain, les 14 bureaux d’accueil et le relais Ridev garantissent que le projet s’adapte aux usages : marchés, écoles, hôpitaux et zones industrielles seront mieux connectés.
Douala se pense désormais autour de ses axes de transport. Avec 80 km de voiries secondaires réaménagées, des trottoirs sécurisés, des pistes cyclables et des espaces publics requalifiés, le projet adopte la logique du “Transit Oriented Development”. L’idée c’est vivre, travailler et se déplacer à moins de 10 minutes d’une station.
Au-delà du temps gagné, le Brt doit réduire la pollution de l’air, baisser le coût du transport pour les ménages, améliorer la sécurité routière et créer des emplois directs pendant la phase travaux puis en exploitation.
Le Pmud est plus qu’un corridor de bus. C’est un pari sur une ville de Douala moins congestionnée, plus inclusive et mieux structurée.
En démarrant par le canton Bassa, la mairie de la ville envoie un signal fort selon lequel la modernisation ne se décrète pas, elle se construit avec ceux qui l’habitent. Si la concertation tient ses promesses et que les délais sont respectés, Douala pourrait disposer dès 2027 d’un premier réseau de transport structurant, capable de changer durablement les habitudes de déplacement.
Le défi reste entier : tenir le calendrier, préserver le pouvoir d’achat des usagers et garantir que les indemnisations se fassent dans la transparence. À ces conditions, le Brt peut devenir la colonne vertébrale d’une mobilité urbaine plus juste.
