Par Joakim IPELA
Dans un contexte où la migration devient une réalité incontournable en Afrique Centrale, l’Ong Un Monde Avenir, dirigée par Philippe Nanga, initie une réflexion profonde sur ce phénomène aux multiples facettes. Le 23 décembre 2025, à l’Hôtel Mirador de Yaoundé (Mvog Ada), une grande conférence sur la migration sera organisée par le GRAMI-AC, en écho à la Journée Internationale des Migrants célébrée chaque 18 décembre. L’Afrique Centrale connaît aujourd’hui une recrudescence des mouvements migratoires, souvent causés par le chômage, l’instabilité politique, le manque de perspectives et les conflits internes. Ces flux concernent principalement les jeunes, prêts à tout pour franchir les frontières à la recherche de meilleures conditions de vie. Face à cette réalité, Philippe Nanga et ses partenaires souhaitent aller au-delà du constat pour proposer des réponses durables, respectueuses des droits humains et adaptées aux défis actuels.
Cette conférence, à laquelle participeront des représentants de la société civile, des organisations internationales, des journalistes, des chercheurs, mais aussi des institutions étatiques, se veut un véritable carrefour d’idées et de propositions. Plusieurs thématiques seront abordées : l’état des lieux de la migration dans la sous-région, les entraves à la libre circulation, les mécanismes de protection des migrants, les failles juridiques, mais également les opportunités d’intégration régionale et les stratégies de plaidoyer. Cette conférence est bien plus qu’un simple évènement symbolique. Elle vise à mettre en lumière les défis structurels auxquels les migrants font face, notamment les tracasseries administratives, l’insécurité, le manque de politiques migratoires harmonisées, et l’absence d’une réelle volonté politique de faire de la libre circulation une réalité.
Le choix de Yaoundé, capitale politique, pour abriter cet événement, n’est pas anodin. Il vise à interpeller directement les autorités et à créer une synergie entre acteurs gouvernementaux et non-gouvernementaux. La conférence se tiendra de 10h à 13h, dans une ambiance que les organisateurs souhaitent constructive et orientée vers l’action. Cette initiative arrive à un moment critique, où l’Afrique Centrale peine encore à traduire en actes les engagements pris dans le cadre de la libre circulation au sein de la Ceeac et de la Cemac.
Alors que de nombreux jeunes continuent de périr dans le désert ou sur les routes migratoires, la conférence du 23 décembre se pose comme un appel fort à la solidarité régionale, à la responsabilité politique et à l’humanisation des politiques migratoires. Cette initiative arrive à point nommé, à l’heure où les discours xénophobes et les politiques sécuritaires prennent souvent le pas sur la dignité humaine. Une occasion donc, pour les citoyens, les décideurs et les partenaires internationaux, de se pencher avec sérieux sur les enjeux d’un phénomène aux répercussions profondes pour l’avenir du continent. Plus qu’un simple rendez-vous, cette rencontre veut marquer un tournant. Et Philippe Nanga, figure respectée du combat pour les droits civiques, entend bien faire entendre la voix des migrants oubliés.
