Par Joseph OLINGA N.
Calme plat dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest depuis quelques semaines. Pour nombre d’analystes sécuritaires, l’ambiance de sérénité qui prévaut dans les villes de Bamenda et Buea ainsi que leurs environs, depuis quelques temps, n’est pas seulement tributaire de la forte mobilisation des forces de défense et de l’ordre qui y sont déployées dans la perspective de l’arrivée du Pape Léon XIV dans la ville de Bamenda. En coulisses, le gouvernement camerounais et les acteurs majeurs de la crise qui secoue les régions anglophones, depuis près d’une dizaine d’années, s’accordent sur les modalités d’un arrêt des hostilités. Une source proche du processus d’apaisement enclenché dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest confie que “des acteurs majeurs de la crise anglophone ont été approché par les mandants gouvernementaux pour discuter de la fin des conflits dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest.”
Les échanges intensifiés depuis près de deux mois consistent à appeler les groupes armés engagés dans la revendication de la cause anglophone à déposer les armes et à adhérer aux programmes de pacification mis en place par le gouvernement. Notre source illustre ses confidences par l’appel à déposer les armes lancé par Mancho Bibixy, activiste bien connu de l’opinion dans la propagation de l’idéologie séparatiste en régions d’expression anglophone.
Le dénouement en cours du procès intenté contre Sisuku Ayuk Tabe et des dizaines d’autres leaders de la revendication anglophone est une autre illustration mis en exergue par la source de Panorama Papers. Selon notre source, le leader séparatiste et ses pairs auraient passé des accords avec le gouvernement camerounais pour l’arrêt des batailles armées sur les régions en conflits dans le cadre de la crise anglophone. Ainsi, explique une source judiciaire, en annulant la peine à perpétuité prononcée par la Cour d’appel du Centre à l’encontre de Sisuku Ayuk Tabe et ses pairs, la Cour suprême matérialise en fait l’un des engagements pris par le gouvernement auprès des leaders sécessionnistes pour mettre un terme à la crise anglophone.
Mais les pourparlers engagés entre le gouvernement et les leaders séparatistes anglophones impliquent aussi un pan politique. Outre la libération des leaders anglophones et d’autres personnes incarcérées dans le cadre de la crise anglophone avant l’arrivée du Pape Léon XIV, avec lequel il est prévu des rencontres dans le cadre de l’apaisement des deux régions en conflits avec les forces de défense et de sécurité camerounaises, les accords intègrent des exigences qui impliquent la mise à l’écart de certains acteurs gouvernementaux perçus comme les instigateurs des tensions que connaissent les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest depuis près d’une décennie.
