Par Hajer Elina
Au moment où Paul Biya prête serment devant le Parlement réuni en Congrès, l’attention du pays se tourne également vers l’Est du Cameroun, où se trouve Issa Tchiroma Bakary. L’ancien ministre de la Communication, devenu l’un des principaux acteurs de la contestation post-électorale, mènerait des consultations politiques en vue d’annoncer un « gouvernement alternatif » se réclamant du « vrai verdict des urnes » du 12 octobre 2025.
D’après des informations concordantes, Issa Tchiroma aurait tenu, dans la soirée du 5 novembre, une réunion restreinte avec plusieurs figures de la Coalition des Groupes et Activistes Fédéralistes du Cameroun (CCFGA). Le groupe, qui conteste les résultats officiels proclamant la victoire de Paul Biya, considère que Tchiroma est le « président légitime » issu du scrutin.
Selon les mêmes sources, le leader fédéraliste devrait rejoindre Yaoundé dans les prochains jours pour annoncer officiellement la composition d’un cabinet provisoire chargé de « restaurer la légitimité constitutionnelle et fédérale du Cameroun ».
Dans le camp du pouvoir, cette initiative est perçue comme une provocation politique. Des dispositifs sécuritaires renforcés ont été observés autour de plusieurs institutions clés de la capitale, alors que le pays reste sous tension depuis la publication des résultats contestés.
La présidentielle du 12 octobre 2025, qui a vu la réélection de Paul Biya à 92 ans, demeure au cœur d’une vive controverse. Plusieurs acteurs politiques et observateurs dénoncent une élection « verrouillée » et un processus « dénaturé ». Le retour sur la scène politique d’Issa Tchiroma, autrefois membre du gouvernement et aujourd’hui figure de la dissidence, apparaît comme le signe d’un durcissement de la crise politique au Cameroun.
