Par Zobel A Mbon
Ces audits interviennent après les investigations menées entre 2023 et fin 2025 par Earthworm Foundation. Mandatée par Socfin, cette organisation avait enquêté sur des allégations portant sur le foncier, les conditions sociales et l’environnement sur plusieurs sites du groupe en Afrique et en Asie.
Au Cameroun, Proforest a passé en revue 75 mesures correctives mises en place par les trois sociétés. L’ensemble a été jugé pleinement aligné avec les recommandations formulées par Earthworm Foundation.
Le niveau d’application varie toutefois selon les sites. À Dibombari, 10 mesures sur 25 sont déjà mises en œuvre, 14 font l’objet d’un suivi continu et certaines composantes de 4 mesures restent partiellement appliquées. À Edéa, 7 mesures sur 29 sont appliquées, 20 sont suivies en continu et 2 sont encore partiellement mises en œuvre. À Safacam, 11 mesures sur 21 sont appliquées, 9 sont suivies en continu et 1 reste partiellement mise en œuvre. Les équipes de Proforest se sont rendues sur le terrain en avril 2026. Elles ont consulté des documents, observé les pratiques dans les plantations et les usines, et rencontré plus de 200 personnes. Des salariés, des chefs de village, des représentants d’ong, des administrations locales, des syndicats et des sous-traitants ont été consultés.
Les rapports notent des avancées importantes depuis 2023. La reprise du dialogue avec plusieurs communautés riveraines et des processus de restitution de terres et d’indemnisation ont été engagés dans certains villages. L’accès à l’eau potable a été amélioré dans de nombreux campements. Des comités de gestion des plaintes ont été mis en place. Les équipements de protection et les règles de sécurité ont été renforcés. Un plan de suivi de la biodiversité a été adopté et l’usage de certains pesticides a été réduit. Des formations à la prévention des violences basées sur le genre et du harcèlement sexuel ont également été organisées, avec la création de cellules d’écoute.
Malgré ces progrès, des efforts restent à fournir. Proforest recommande de rendre les canaux de plainte plus accessibles et moins stigmatisants. Il est aussi nécessaire de mieux documenter chaque accord foncier de manière traçable, de poursuivre la formation des encadreurs de champ et d’harmoniser la tenue des registres entre les trois sites.
Avec la publication de ces trois nouveaux rapports, six filiales de Socfin ont désormais fait l’objet d’une évaluation publique. Au total, 182 mesures ont été examinées et 181 sont jugées pleinement alignées. D’autres rapports de vérification concernant d’autres opérations du groupe seront publiés progressivement les mois à venir.
