Par Ilyass Chirac Poumie
Le journaliste Achomba Hans est introuvable depuis le 5 novembre à Bamenda, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun. Selon sa famille, il aurait été enlevé par des hommes en tenue, deux jours après avoir été interpellé et menacé à la gendarmerie d’Up Station.
Le 3 novembre, des gendarmes ont fait irruption à son domicile, saccageant ses effets personnels et confisquant son passeport avant de l’emmener pour un interrogatoire de plusieurs heures. Achomba Hans y aurait été accusé d’activités subversives et averti que ses publications sur Facebook étaient surveillées. Les forces de l’ordre lui auraient lancé : « Tu retourneras en prison. »
Depuis cet épisode, ses proches affirment n’avoir reçu aucun appel ni signe de vie. Connu pour son ton critique envers le gouvernement, Achomba Hans avait déjà été arrêté en 2017 après une interview d’un conducteur de mototaxi, puis détenu pendant neuf mois avant sa libération.
Les organisations de défense des droits humains locales appellent les autorités à faire toute la lumière sur cette disparition inquiétante et à garantir la sécurité des journalistes dans les régions anglophones.
Le Cameroun figure parmi les pays africains où la liberté de la presse reste fortement restreinte, notamment dans les zones de conflit du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Plusieurs journalistes y ont été arrêtés, détenus ou portés disparus depuis le déclenchement de la crise anglophone en 2016.
