Avec Adiano Koagne
Le journaliste est écroué depuis lundi soir, à la suite d’une plainte pour tentative d’enlèvement, une accusation d’une extrême gravité qu’il rejette catégoriquement. La plaignante, une athlète dont le média de Brand Kamga avait auparavant dressé le portrait, l’accuse d’avoir voulu enlever sa fille, en complicité avec un homme présenté comme son fiancé vivant en France.
Selon le témoignage du journaliste, ce dernier l’avait initialement contacté pour dénoncer une présumée escroquerie sentimentale. Faute de preuves suffisantes, aucun reportage n’avait été réalisé. Une confrontation avait pourtant eu lieu en mai 2025, au cours de laquelle il avait été demandé à la plaignante d’apporter les preuves attestant que le journaliste se serait rendu dans l’école de sa fille — un lieu que Brand Kamga affirme ne pas connaître.
Craignant une affaire montée de toutes pièces, le procureur du TGI du Mfoundi avait lui-même requis une procédure pour accusations mensongères, afin de contraindre la plaignante à prouver ses allégations. Mais contre toute attente, la procédure a pris un tournant brutal. Après s’être présenté de lui-même à la brigade de Nkolmesseng pour le suivi du dossier, Brand Kamga a été conduit directement à Kondengui.
Lors de l’audience de ce mardi, la plaignante était absente, représentée par une tante sans procuration, évoquant une sortie du territoire pour des menaces présumées… que le journaliste nie formellement, affirmant n’avoir eu aucun contact avec elle depuis mai 2025. Plus troublant encore : la fille censée être la cible de l’enlèvement est, selon lui, toujours au Cameroun.
Malgré ces zones d’ombre, le tribunal a ordonné le renvoi de l’affaire dans deux semaines, laissant le journaliste en détention provisoire, au mépris des dispositions relatives au flagrant délit et en l’absence de la principale accusatrice.
Aujourd’hui, Brand Kamga clame son innocence depuis sa cellule, se disant prisonnier d’une accusation qu’il ne reconnaît pas, jugée devant le TPI d’Ekounou, alors même que le dossier relève du TGI du Mfoundi. Sans emploi, privé de liberté, il en appelle à la solidarité, à la justice et à la conscience collective.
Au-delà de son cas personnel, cette affaire interpelle : peut-on encore exercer le journalisme sans craindre l’arbitraire ? Quand la vérité est enfermée, c’est toute la société qui vacille.
