Avec le Collectif d’intellectuels patriotes (Cipa-Cam).
Objectif: oeuvrer à une refondation nationale.Avec le Collectif d’intellectuels patriotes (Cipa-Cam).Tribune libreCAMEROUN : L’HEURE DU SURSAUT
Le Cameroun s’effondre, non sous une fatalité aveugle, mais captif d’un système agonisant qui entraîne tout un peuple dans son déclin. La candidature de Paul Biya à un huitième mandat dépasse la provocation : c’est un acte tragique, symbole ultime d’un régime sclérosé préférant paralyser la nation dans une impasse historique.
Au-delà du politique, c’est la dignité nationale qu’on humilie.Les institutions ne sont plus que des simulacres. Une administration électorale aux mains du pouvoir, des listes électorales cachées, une presse bâillonnée, des voix libres étouffées par la peur : telles sont les fondations corrompues de cette démocratie de façade.
Pendant ce temps, le président cultive l’absence, physique, symbolique, politique. Ce vide n’est pas un accident, mais un calcul cynique. Un chef d’État transformé en trophée de propagande, exhibé au gré des besoins : l’aveu brutal d’un pouvoir sans légitimité ni vision.Pourtant, une autre force vit dans l’ombre. Une jeunesse qui bâtit, des femmes et des hommes refusant la défaite, un Cameroun lucide et vivant ignoré du régime mais convoqué par l’avenir. Ce pays mérite un horizon à sa mesure.
Notre pacte de rupture exige : La fin de l’instrumentalisation du pouvoir exécutif à des fins partisanes. Assez de comédies politiques : le peuple camerounais a droit à une gouvernance claire, responsable et exposée à la lumière publique. La transparence dans l’exercice du pouvoir n’est pas négociable, mais relève de l’impératif absolu.
Nous requérons des sanctions internationales ciblées contre les fossoyeurs de la démocratie. La tolérance envers ceux qui sapent délibérément nos institutions est désormais inadmissible. Tout individu ou entité identifié comme saboteur des fondements démocratiques devra répondre de ses actes, l’ère de l’impunité étant révolue.
L’établissement d’un système électoral crédible et démocratique s’impose. Celui-ci devra garantir une liste électorale publique et accessible à tout citoyen, un accès libre et transparent aux données électorales sous supervision indépendante, et une réforme structurelle d’ELECAM visant à en faire un organe impartial, efficace et digne de confiance.La refondation nationale exige un dialogue inclusif rassemblant sans exclusive le gouvernement, l’opposition politique, la société civile, les autorités religieuses et la diaspora. Ce forum devra redéfinir les bases d’un nouveau pacte social ancré dans la justice, l’équité et le respect mutuel.La réallocation urgente des ressources publiques vers les priorités vitales. L’État doit investir massivement dans une éducation publique de qualité pour chaque enfant camerounais, soutenir concrètement les PME en tant que leviers de création d’emplois, et moderniser en priorité les infrastructures sanitaires et de transport, colonnes vertébrales d’une société prospère.À nos compatriotes :Ne laissez plus voler votre avenir. Assez de scrutins-transformés en-mise en scène grotesque. Sans violence mais avec une détermination inflexible, levons-nous. Unissons nos voix. Reprenons notre destin.À la communauté internationale :Cessez de légitimer l’inacceptable. Chaque silence face à un scrutin illégitime trahit vos valeurs. Soutenez l’alternance pacifique et authentique.L’Histoire jugera nos actes, non nos paroles. Nos audaces, non nos compromis. Ceux qui diront « C’est terminé ! », non les gardiens du statu quo.À ce moment décisif, choisissons l’élan vital contre la paralysie mortifère. Le pouvoir est au peuple. Qu’il s’en saisisse. Yaoundé, 22 juillet 2025.Le Collectif d’Intellectuels Patriotes (Le CIPA-CAM) : Baba WAME (Journaliste – Universitaire), Stéphane AKOA (Journaliste – Universitaire), MOHAMADOU (Avocat), Alain BOUTCHANG (Universitaire – Consultant), HAMIDOU HAMASSEO (Médecin), Michèle NDOKI (Avocate), AMINOU Mal Adji (Universitaire), Éric CHINJE (Journaliste-Société civile), Aïssatou MOUSSA (Société civile), Jean-Pierre BEKOLO (Cinéaste – Société civile), André FIRISSOU KAKOU (Enseignant), Albert Roland AMOUGOU (Universitaire – Consultant), Lamissa ADORLAC (Journaliste), Alice NKOM (Avocate), Paul SAMANGASSOU (Consultant), Étienne DAFOGO (Société civile), Hama HABIBOU (Politologue), Boris SOUOP KAMGA (Universitaire), KARAMOKO Souleymane (Société civile), Leopold NZEUSSEU (Consultant – Écrivain), Aimé SADOU (Communicateur), Jean-Baptiste HOMSI (Écrivain), Yérima HALILOU (Leader d’opinion), Yaya HAMADJODA (Société civile), Bergeline DOMOU (Société civile), Aboubakar HAMADOU (Société civile, SG Voix du paysan), Aimé BONNY (Universitaire – Cardiologue), Nouhou MOUSSA (Homme d’affaires), Hassana TCHIROMA (Société civile), Emmanuel SIMH (Avocat), Anthony YAOUKE (Activiste – Écrivain), Innocent Blaise YOUDA (Journaliste), Bernard WANGSI (Journaliste – Consultant), HAMAN MANA (Journaliste – Écrivain). Léon ONAMBELE (Juriste – Analyste politique), Rabiatou MANA (Journaliste), Chrétien TABETSING (Chef d’entreprise), BAOH Jean-Marc (Consultant, société civile), NGOKO Merlin (Entrepreneur, société civile), DJOMDI NGOUYA (Universitaire), Bachirou HAMADOU (société civile), WASSOU WASSEL (Enseignant), Calixthe BEYALA (Écrivaine).
