Par Ilyass Chirac Poumie
Dorcas Nkongme, vice présidente de la commission droits de l’homme au barreau du Cameroun, a dénoncé les turpitudes subies par des personnes interpellées au faciès par des éléments des forces de défense et de sécurité, puis emprisonnées et présentées devant le tribunal militaire pour des faits qu’elles disent ignorer.
Relatant une audience tenue jeudi dernier, l’avocate affirme avoir vu des justiciables issus d’une même région qui « ne comprenaient rien, alors vraiment rien du tout, de tout ce qui se passait ». Elle évoque notamment un jeune homme menotté qui a tenté de résister à deux gardiens de prison, clamant son innocence et refusant même l’assistance d’un avocat, demandant uniquement à rentrer chez lui.
Selon Dorcas Nkongme, des femmes venues rendre visite à leurs enfants ou à leurs maris ont également exprimé leur ras le bol face à la situation. Devant la tension et l’émotion suscitées, une suspension d’audience a été ordonnée par le tribunal.
L’avocate appelle à une meilleure prise en compte de la sécurité des personnes lors des audiences et plaide pour la libération de ceux qu’elle qualifie d’« enfants » injustement détenus.
Depuis plusieurs mois, des organisations de défense des droits de l’homme dénoncent au Cameroun des arrestations au faciès, des détentions arbitraires et la présentation de civils devant les juridictions militaires. Le barreau du Cameroun, à travers sa commission droits de l’homme, multiplie les alertes et les plaidoyers pour le respect des garanties judiciaires et des libertés fondamentales.
