Par Arlette Akoumou Nga
Le gendarme Étaba Joseph, du contingent 2022 et affecté au groupe d’escadron numéro 7 à Ebolowa, a été arrêté après avoir exprimé son mécontentement dans un groupe WhatsApp de sa promotion. Dans un audio largement diffusé parmi ses camarades, il a dénoncé la poursuite de la guerre dans les régions anglophones et souligné la mort de plusieurs jeunes soldats issus de son contingent.
Profondément touché par la perte de ses pairs, Étaba Joseph a invité ses camarades à engager une initiative collective pour interpeller la hiérarchie et appeler à la fin des opérations militaires. Mais son message a été transmis à la hiérarchie par des indics actifs dans les groupes WhatsApp de l’armée.
Il a été interpellé à Ebolowa puis transféré vers Yaoundé, où il serait actuellement détenu. Cette arrestation ravive le débat sur la liberté d’expression au sein des forces de défense et le malaise croissant chez les jeunes militaires envoyés dans les zones de conflit.Depuis le début de la crise anglophone, les éléments ayant critiqué ouvertement la conduite de la guerre ont souvent fait l’objet de sanctions disciplinaires. Les pertes répétitives dans les jeunes contingents alimentent un profond malaise dans les casernes, alors que le conflit perdure sans avancée politique notable. L’affaire Étaba Joseph s’ajoute à une série de tensions internes illustrant la fragilité du climat au sein de l’armée.
