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Cameroun | Une Ong dénonce la détention d’un nourrisson après la condamnation pour inceste d’un père et de sa fille

L’Ong Nouveaux Droits de l’Homme (Ndh-Cameroun) alerte sur la présence en détention d’un bébé de 10 mois, à la suite de la condamnation de l’artiste St Désir Atango et de sa fille, et appelle à l’application urgente de peines alternatives pour les mères incarcérées.

by Panorama papers
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Par Ilyass Chirac Poumie

Dans une déclaration rendue publique le 30 avril 2026 à Yaoundé, Ndh-Cameroun revient sur le verdict prononcé le 21 avril par le tribunal de Mfou. L’artiste Atangana Atangana Désiré Dieudonné, connu sous le nom de St Désir Atango, a été condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme pour inceste et pratiques de sorcellerie. Sa fille, Atangana Armandine Darline, a quant à elle écopé de trois ans de prison ferme, bien qu’elle soit mère d’un nourrisson de 10 mois actuellement détenu avec elle.

L’organisation souligne que, malgré la gravité des faits reprochés et le caractère criminel de l’inceste au regard de la législation camerounaise, la détention d’un enfant en bas âge constitue une violation des engagements internationaux du Cameroun. Ndh insiste sur le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, consacré par la Convention relative aux droits de l’enfant, et estime que la condamnation de la mère ne saurait s’étendre à un nourrisson.

L’Ong invoque également la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, qui recommande explicitement des alternatives à l’emprisonnement pour les mères de jeunes enfants et interdit leur détention avec leurs nourrissons. Elle appelle ainsi les autorités à prendre des mesures immédiates pour garantir les droits du bébé détenu à la prison de Mfou.

Ndh rappelle par ailleurs que ce cas n’est pas isolé, citant d’autres situations similaires, notamment à la prison de Bamenda, où des femmes sont incarcérées avec leurs enfants en bas âge. L’organisation exhorte les autorités camerounaises à mettre en œuvre des solutions alternatives à la détention, afin de préserver le développement et l’avenir des enfants concernés.

Cette affaire s’inscrit dans un débat plus large sur les conditions carcérales au Cameroun, marqué par une surpopulation chronique et des insuffisances dans la prise en charge des détenus vulnérables. Les organisations de défense des droits humains plaident depuis plusieurs années pour l’introduction effective de peines alternatives, en particulier pour les femmes enceintes ou mères de jeunes enfants, conformément aux engagements internationaux ratifiés par le pays.

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