Par Ilyass Chirac Poumie
À peine entamé, le nouveau mandat de Paul Biya s’ouvre sur un climat de défiance persistante avec l’Église catholique camerounaise. Plusieurs évêques, notamment issus des régions anglophones, continuent de dénoncer la mauvaise gouvernance, la corruption et la gestion sécuritaire des crises, reprochant au pouvoir son manque d’écoute.
Dans ce contexte, l’hypothèse d’une visite du pape Léon XIV au Cameroun suscite interrogations et spéculations. « Je sais qu’il y a des échanges avec le Saint-Siège relatifs à un voyage du pape Léon XIV au Cameroun. Pour le moment, je ne peux pas m’exprimer davantage sur ce sujet. Peut-être pourrions-nous en reparler mi-janvier avec plus de certitudes », a déclaré à Jeune Afrique Monseigneur Andrew Nkea Fuanya, archevêque de Bamenda et président de la Conférence épiscopale nationale.
Si une telle visite venait à se concrétiser, elle pourrait constituer une opportunité de rapprochement entre le pouvoir et l’Église. Mais pour de nombreux observateurs, les divergences de fond demeurent, tant sur les questions démocratiques que sur la situation des droits humains, rendant toute réconciliation incertaine à court terme.
Depuis plusieurs années, l’Église catholique camerounaise s’est affirmée comme l’une des voix les plus critiques du régime de Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies. Des évêques ont régulièrement pris position sur les élections, la crise anglophone et les conditions de vie des populations. Les relations entre Yaoundé et le clergé ont connu des phases de tension, marquées par des déclarations publiques et des mises en garde morales, sans véritable apaisement durable.
