Par Adam Newman
La guerre en cours autour de l’Iran met à l’épreuve les relations étroites que Téhéran entretient avec la Russie et la Chine, deux puissances qui ont développé ces dernières années des liens diplomatiques, économiques et militaires importants avec la République islamique.
Depuis le début des frappes menées par les États-Unis et Israël, Moscou et Pékin ont dénoncé l’escalade militaire et appelé à un cessez-le-feu, tout en demandant une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Toutefois, aucune des deux puissances n’a pour l’instant annoncé un soutien militaire direct à Téhéran.
Les analystes estiment que la Russie et la Chine pourraient privilégier un soutien diplomatique et économique plutôt qu’une implication militaire, afin d’éviter une confrontation directe avec Washington.
Dans le cas de la Chine, les enjeux sont notamment énergétiques : Pékin est l’un des principaux acheteurs du pétrole iranien, souvent vendu à prix réduit en raison des sanctions occidentales. La stabilité de l’Iran est donc stratégique pour l’approvisionnement énergétique chinois et pour ses projets d’infrastructures liés aux routes commerciales eurasiatiques.
La Russie, de son côté, a récemment renforcé son partenariat stratégique avec l’Iran à travers un accord de coopération de long terme couvrant notamment la défense, l’énergie et les technologies.
Ces dernières années, l’Iran a développé une stratégie dite « Look East », visant à renforcer ses relations avec la Russie et la Chine afin de contourner les sanctions occidentales. Cette orientation s’est traduite par plusieurs accords stratégiques majeurs, dont un partenariat de 25 ans avec Pékin et un traité de coopération approfondie avec Moscou.
Cependant, l’ampleur du soutien que ces deux puissances seraient prêtes à apporter en cas de guerre prolongée reste incertaine. Le conflit actuel pourrait ainsi devenir un test majeur pour l’équilibre des alliances et pour les ambitions d’un ordre international multipolaire défendu par Moscou et Pékin.
