Par Adam Newman
Le United States Department of Justice (DOJ) a déposé une plainte civile pour dénaturaliser Philippe Bien-Aimé, ancien maire de North Miami en Floride, qu’il accuse d’avoir frauduleusement obtenu la citoyenneté américaine après être entré illégalement aux États-Unis.
Selon les autorités, l’ancien édile aurait d’abord pénétré sur le territoire américain sous une fausse identité, celle de Jean Philippe Janiver, en utilisant un passeport falsifié comportant une photographie remplacée. Sous ce nom, il avait été placé sous le coup d’un ordre d’expulsion en 2001.
Le DOJ affirme qu’il avait initialement contesté cette décision avant de retirer son recours, déclarant être retourné en Haïti. Les enquêteurs soutiennent toutefois qu’il est resté aux États-Unis, adoptant par la suite une nouvelle identité : Philippe Bien-Aimé, accompagnée d’une date de naissance différente.
Toujours selon la plainte, il aurait ensuite épousé une citoyenne américaine afin d’obtenir le statut de résident permanent. Les autorités fédérales affirment que ce mariage était frauduleux, l’intéressé étant déjà marié à une ressortissante haïtienne au moment de l’union.
Après plusieurs déclarations jugées mensongères auprès des services d’immigration, il a finalement été naturalisé citoyen américain en 2006 sous cette nouvelle identité.
Le ministère de la Justice explique que la fraude aurait été découverte par des enquêteurs du Department of Homeland Security et du U.S. Citizenship and Immigration Services (USCIS), grâce à une comparaison d’empreintes digitales enregistrées sous les deux identités.
Les procédures de dénaturalisation restent rares aux États-Unis et ne sont généralement engagées que dans des cas de fraude grave ou de fausses déclarations lors du processus d’immigration. L’affaire s’inscrit dans une initiative nationale menée conjointement par le DOJ et l’USCIS visant à identifier les naturalisations obtenues frauduleusement grâce à l’analyse biométrique et aux archives migratoires.
