Par Julie Peh
Les dirigeants africains, accompagnés de partenaires internationaux et d’acteurs du développement, ont pris part à la 39e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. Organisée dans l’amphithéâtre Nelson Mandela d’Addis-Abeba, cette rencontre diplomatique d’envergure s’est tenue sous le thème de la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement, en cohérence avec les ambitions de l’Agenda 2063. Cette rencontre intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Selon les données présentées lors du sommet, près de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’eau potable, tandis que plus de 800 millions de personnes demeurent privées de services d’hygiène de base. Une situation qui compromet non seulement la santé publique, mais aussi la stabilité sociale et le développement économique du continent.

La session a également été marquée par la présence du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui a attiré l’attention sur le déficit considérable de financement des Objectifs de développement durable. Selon lui, les pays africains doivent faire face à un manque estimé à 4 000 milliards de dollars par an, aggravé par le poids croissant de la dette et des taux d’emprunt largement supérieurs à ceux des économies développées. Au-delà des enjeux économiques, les questions sécuritaires et politiques ont occupé une place importante dans les débats. Les responsables africains ont exprimé leurs inquiétudes face à la multiplication des conflits armés, aux changements anticonstitutionnels de gouvernement et aux influences extérieures jugées déstabilisatrices pour la souveraineté des États. Au terme des travaux, plusieurs mesures ont été adoptées par les dirigeants africains. Elles portent notamment sur la mobilisation accrue de financements privés, le renforcement des capacités des institutions financières multilatérales et la réforme du système financier international. Les États membres ont également insisté sur la nécessité de lutter contre le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et les flux financiers illicites qui freinent la croissance économique du continent.

Par ailleurs, la consolidation de la paix et de la sécurité reste au cœur des priorités africaines. Les dirigeants ont réaffirmé leur engagement en faveur de l’intégration économique continentale, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine, considérée comme un levier majeur pour stimuler les échanges intra-africains et accélérer la transformation économique.
Cette 39e session ordinaire illustre ainsi les ambitions d’un continent en quête de solutions durables face à des défis structurels persistants. Entre volonté politique affirmée et lenteur dans la mise en œuvre des réformes, l’Afrique poursuit sa marche vers l’atteinte de ses objectifs de développement, portée par l’espoir d’un avenir plus inclusif et prospère.
