Par Ross Hill
Une avancée scientifique majeure dans l’analyse ADN a permis de résoudre le meurtre de Carmen Van Huss, violée et poignardée à mort en 1993 à Indianapolis. L’affaire, restée sans solution pendant plus de trente ans, a connu un tournant décisif grâce à la généalogie génétique.
Le suspect, Dana Shepherd, aujourd’hui âgé de 53 ans, a récemment plaidé coupable dans le cadre d’un accord avec les procureurs. Il a été condamné à une peine de 45 ans de prison. Au moment des faits, il avait 20 ans.
En 1993, malgré la collecte de preuves biologiques sur la scène de crime, les analyses disponibles à l’époque n’avaient permis d’identifier aucun suspect. Les profils ADN étaient comparés via le système CODIS géré par le Federal Bureau of Investigation, mais aucune correspondance n’avait été trouvée.
Des décennies plus tard, les enquêteurs ont réexaminé les scellés en utilisant une technologie plus avancée fondée sur l’analyse des SNP, qui permet d’identifier des correspondances génétiques éloignées. Le profil ADN issu des preuves a été téléchargé dans une base de données généalogique publique, notamment via la plateforme GEDmatch, afin de rechercher d’éventuels liens familiaux.
Cette méthode n’a pas fourni immédiatement le nom du suspect, mais a permis d’identifier des parents éloignés. Des généalogistes spécialisés ont ensuite reconstitué des arbres familiaux, permettant aux enquêteurs de restreindre la liste des suspects potentiels. Dana Shepherd a finalement été identifié, puis arrêté en 2024 dans le Missouri après confirmation scientifique de la correspondance ADN.
La famille de la victime a exprimé un mélange de soulagement et d’émotion à l’issue de la condamnation, soulignant que, malgré les décennies écoulées, la justice avait finalement été rendue.
La généalogie génétique est devenue un outil majeur dans la résolution des affaires criminelles non élucidées depuis la fin des années 2010. Contrairement aux méthodes traditionnelles qui nécessitent une correspondance directe dans les bases policières, cette technique permet d’identifier des liens familiaux à partir de bases de données généalogiques accessibles au public.
Son utilisation a permis de rouvrir des centaines de cold cases aux États-Unis. Toutefois, elle soulève également des débats sur la protection de la vie privée et l’utilisation des données ADN civiles à des fins judiciaires. Malgré ces controverses, les forces de l’ordre considèrent désormais cette technologie comme un levier essentiel pour résoudre des crimes anciens et apporter des réponses aux familles des victimes.
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