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EXCLUSIF I Commissaire Albert Lèopold Ebene: “La dernière sortie de Biya le 20 mai 2025 a levé les derniers doutes sur son incapacité.”

En exil depuis quelques années, l'ancien cadre des services secrets camerounais, de plus en plus inscrit dans une posture d'acteur politique soutient que le chef de l'Etat camerounais, Paul Biya est pris en otage par des proches qui tentent de bloquer l'alternance souhaitée par les camerounais. Même ses propres militants au sein du Rdpc. Le Cameroun connaît une situation politique trouble à l'approche de la probable convocation du corps électoral.

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Par Joseph OLINGA N.

Le président est invisible et silencieux. Parallèlement, des discours contradictoires émergent pour justifier une éventuelle candidature de Paul Biya à la présidentielle. Comment expliquez-vous cette réalité ?

Les Camerounais doivent enfin connaître la vérité sur leur pays. C’est à ce prix qu’ils prendront conscience de la gravité de la situation.Depuis plusieurs mois, nous avons fait le choix de leur parler franchement, même si cela les expose à la moquerie internationale en raison de leur passivité, leur résignation et, surtout, de leur incapacité à reprendre en main leur destin. Rappelons que durant ce septennat qui s’achève, Paul Biya a été totalement absent, comme s’il fuyait le peuple qui l’a élu. Très tôt, il a confié par décret les rênes du pouvoir à son beau-frère, le Secrétaire Général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh.

Cette délégation de pouvoir marque-t-elle la concrétisation de l’adage « les oiseaux se cachent pour mourir » ?

Nous le pensons fermement. À son âge et vu son état de santé, il est évident que Paul Biya se préparait à son départ. En décembre 2004, il déclarait d’ailleurs que ses obsèques se tiendraient dans une vingtaine d’années. Il ne s’imaginait probablement plus en vie en octobre 2025. Il a ainsi laissé à son entourage, sous la supervision de Chantal Biya, le soin de bâtir les réseaux de sa succession — avec les ressources de l’État comme appui.Aujourd’hui, pris de court par la fin du mandat, Chantal Biya et Ngoh Ngoh s’agitent tous azimuts, d’autant que notre travail de sensibilisation sur leur dérive autoritaire et la mise à l’écart de Paul Biya, dont les facultés sont visiblement dégradées, a été bien reçu par les Camerounais.La cacophonie actuelle autour de sa candidature illustre leur impréparation, leur fébrilité, et leur inquiétude. Faire parler Paul Biya en public est une crainte majeure pour son entourage. Selon nos sources, il a du mal à suivre une conversation sans s’égarer. Le dire n’est pas une insulte, mais un devoir de vérité, dans l’intérêt supérieur de la nation. Vous avez plusieurs fois évoqué l’influence des sectes ésotériques dans la gouvernance et l’ascension sociale au Cameroun. Assiste-t-on aujourd’hui à une guerre des clans ? Oui, cette guerre est permanente. Elle oppose notamment francs-maçons et rosicruciens, qui s’affrontent pour le contrôle de l’appareil d’État. Certains projets initiés par un clan ont été sabotés par l’autre. Même les initiatives portées par des indépendants sont systématiquement bloquées. Le système est perverti à tel point que dans une affaire judiciaire, il faut d’abord s’enquérir de l’obédience du juge pour choisir un avocat “compatible”, car “un frère ne trahit jamais un frère”. Dans cette lutte pour la succession, les appartenances logiques ou sectaires pèsent lourd. Paul Biya a lui-même alimenté ces tensions en opposant les uns aux autres à coups de nominations stratégiques, pour mieux les neutraliser.Le paradoxe est qu’aujourd’hui, certains souhaiteraient un successeur sans étiquette, pour rassurer tous les camps. Mais l’usage du sexe comme moyen de domination psychologique, très répandu dans ce système, demeure un autre fléau silencieux.

Certains leaders du Grand Nord ont récemment quitté le gouvernement. Peuvent-ils réellement peser dans la restructuration politique du pays ?

Il faut saluer leur départ, qui marque une prise de conscience face à la gouvernance par procuration exercée par Chantal Biya et Ferdinand Ngoh Ngoh.Mais leur erreur serait de croire qu’ils incarnent seuls l’espoir du Grand Nord ou même du Cameroun entier. Pour plusieurs raisons : La division ethnique a été entretenue entre Peuls et Kirdis pendant qu’ils étaient aux affaires, et ils n’ont rien vu venir. Aujourd’hui, il est bien tard pour tenter de recoller les morceaux.Ils sont issus du système Ahidjo et n’ont pas su construire une alternative politique crédible. À défaut de bâtir une coalition solide avec des opposants reconnus, ils pourraient soutenir une figure intègre et rassembleuse. Des noms comme Abakar Ahamat, Aboubakar Iyawa ou Célestin Yandal méritent d’être considérés.Ils doivent aussi se souvenir que pendant qu’ils servaient le régime, des voix courageuses comme Mgr Kleda, Mgr Yaouda et Mgr Abbo dénonçaient les dérives de Chantal Biya et de Ngoh Ngoh. Ces hommes doivent aujourd’hui jouer un rôle clé dans le changement à venir.

Si Paul Biya se maintenait au pouvoir par la force, quelles pourraient être les conséquences ?

Tout le monde sait désormais que Paul Biya ne gouverne plus. Lors de ses apparitions, la Crtv trie soigneusement les images. Cela suscite le doute, et là où il y a flou, il y a danger.Fame Ndongo l’a d’ailleurs avoué à demi-mot : Paul Biya est pris en otage par un clan qui agit sans son consentement. Tant qu’il est en vie, ils le “dopent”, se moquant de l’opinion publique. L’armée et la police sont mobilisées pour défendre ce pouvoir déliquescent.Mais le peuple pourrait ne pas accepter une telle imposture. La rue pourrait se soulever, comme au Burkina Faso avec Blaise Compaoré. Et le Conseil constitutionnel, aux ordres, ne pourra pas éternellement ignorer la volonté populaire. Nous sommes face à une tentative désespérée de “mourir au pouvoir”. Cela compromet durablement l’avenir politique des élites Beti, Bulu ou Fang, car le traumatisme Biya risque d’enfermer leur image collective dans l’échec. S’il persiste, nous exhumons les véritables archives de Gilbert Andzé Tsoungui. Ce sera au détriment de sa mémoire.

Existe-t-il encore un espoir de ramener le Cameroun vers une gouvernance orthodoxe ?

Le pays est profondément fracturé. Les injustices ont laissé des blessures ouvertes. Il faut repenser notre pacte social.La priorité est de convoquer un dialogue national pour rédiger une nouvelle Constitution, un code électoral équitable, et instaurer l’alternance.Ce dialogue doit rassembler :Les chefs traditionnels et religieux, les sociétés secrètes traditionnelles (Ngondo, Ngouon, Muan Kum…), les intellectuels, syndicalistes, militaires, journalistes, la diaspora et la justice et tous les courants politiques. Le Cameroun est au bord du gouffre. Un consensus est l’unique voie de salut.

Des rumeurs évoquent des négociations entre le pouvoir et des chancelleries occidentales. Peuvent-elles influer sur l’élection présidentielle ?

Oui, toutes les chancelleries observent attentivement. La dernière sortie de Biya le 20 mai 2025 a levé les derniers doutes sur son incapacité.Ses anciens soutiens sont désormais prudents. Personne ne veut s’engager clairement, même si certains rapports diplomatiques envisagent une implosion du pays en plusieurs États. Cela a toujours été le rêve d’une certaine élite du Sud, qui a poussé Biya à investir massivement dans sa région (port, aéroport, hôpitaux). Mais ces projets ont été sabotés par les détournements.Chantal Biya, de nationalité française, a misé sur la Françafrique, distribuant les ressources pétrolières à des groupes d’intérêts en échange de soutiens. Pour l’instant, aucune puissance étrangère ne semble vouloir s’impliquer directement. La plupart ont simplement mis leurs ressortissants en alerte.

Certains vous prêtent une proximité avec le pouvoir. Qui voyez-vous comme dauphin potentiel au sein du Rdpc ?

Je ne suis pas proche du pouvoir. Sinon, je ne serais pas en exil depuis 18 ans. Mais j’ai mes sources dans tout le pays. Parler de “dauphin” est une insulte au peuple. Biya a toujours fait de mauvais choix. Ce n’est pas à lui de désigner son successeur. Le peuple camerounais doit choisir librement, à travers des élections ouvertes à tous, y compris au sein du Rdpc — à condition que des primaires soient organisées.

Les anciens hauts responsables emprisonnés peuvent-ils jouer un rôle dans la succession ?

Peu probable. Le Camerounais est opportuniste : il acclame les puissants et oublie les déchus, même s’il leur doit tout. Dans le Grand Nord, des figures comme Iya Mohamed ou Marafa ont encore une certaine influence. Mais dans le Sud, c’est plus compliqué.Les anciens ministres n’ont plus d’assise populaire. Certains sont innocents, mais leur implication passée, marquée par l’arrogance, le mépris ou des pratiques occultes, les disqualifie aux yeux du peuple. Leur unique espoir reste un changement de régime. Alors, peut-être, obtiendront-ils justice.

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