Par Arlette Akoumou Nga
La cour criminelle départementale de Paris a décidé, ce vendredi 6 mars, de juger par défaut l’islamologue Tariq Ramadan et a délivré un mandat d’arrêt à son encontre. Les avocats de l’accusé ont quitté la salle d’audience après l’énoncé de la décision de la cour.
Le procès du prédicateur de 63 ans s’est ouvert lundi 2 mars à Paris, mais il ne s’est pas présenté devant la justice, ayant été hospitalisé deux jours auparavant à Genève, en Suisse, en raison selon ses avocats d’une “poussée” de sclérose en plaques. Selon un rapport rendu vendredi par deux médecins désignés par la justice française pour évaluer son état de santé, l’islamologue était jugé apte à comparaître devant la cour criminelle départementale de Paris.
L’islamologue, déjà condamné par la justice helvète pour un viol sur une femme, était censé comparaître jusqu’au 27 mars à Paris pour des viols qui auraient été commis sur trois autres femmes entre 2009 et 2016, qu’il conteste.
Ces affaires concernent un viol aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur “Christelle” (prénom d’emprunt) à Lyon en octobre 2009 ; un viol qui aurait eu lieu en 2012 à Paris sur Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque qui avait déclenché l’affaire en portant plainte en octobre 2017 ; et un autre sur une troisième femme, remontant à 2016. Il encourt jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle. Pendant l’instruction et après son renvoi devant la justice, Tariq Ramadan a multiplié les offensives procédurales pour réclamer une reprise des investigations et repousser la tenue d’un procès, arguant disposer de nouvelles expertises prouvant selon lui son innocence.
