Par Martin Lemur
Éric Halphen, ancien juge d’instruction et président d’honneur de l’association, a justifié cette démarche en expliquant qu’une association comme la sienne se devait de signaler tout ce qui lui paraît illégal ou contraire aux intérêts des citoyens, quelle que soit l’étiquette politique des personnes visées. La plainte demande notamment la vérification de plusieurs éléments : l’autorisation de cumul d’activités éventuellement délivrée par la RATP ou la préfecture, ainsi que la réalité de la présence de Bally Bagayoko à son poste durant l’exercice de ses mandats électifs. Contacté par l’AFP, l’édile n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat, mais s’est dit « serein » face à ces accusations auprès d’ICI Paris Île-de-France.
Cette plainte fait suite à une enquête du Canard enchaîné, publiée le 5 août, consacrée au passé professionnel du maire de Saint-Denis, élu en mars dernier sous les couleurs de La France insoumise. Selon l’hebdomadaire satirique, Bally Bagayoko aurait été recruté à la RATP en 2000, sans concours ni entretien, avant d’y occuper un poste de cadre tout en cumulant plusieurs mandats locaux : conseiller municipal dès 2001, adjoint au maire, puis conseiller général de Seine-Saint-Denis entre 2008 et 2015.
Le journal relève par ailleurs qu’après la perte de son mandat départemental en 2015, le conseil municipal de Saint-Denis, alors dirigé par le Parti communiste français, avait voté une augmentation de 102 % de ses indemnités d’adjoint au maire, venant s’ajouter à sa rémunération de cadre à la RATP — un salaire qui, primes et treizième mois compris, aurait dépassé 6 000 euros mensuels, un montant confirmé par l’intéressé lui-même auprès du Canard enchaîné. C’est sur la base de ces révélations qu’AC!! Anti-Corruption a saisi la justice.
Affaire à suivre
