Par Arlette Akoumou Nga
La présence française, qui avait atteint près de 1 200 soldats à son apogée, avait déjà été ramenée à environ 380 hommes, puis à moins de 200. Le dispositif résiduel doit désormais compter une centaine de militaires, principalement chargés de la formation et de l’accompagnement des forces gabonaises.
Le camp de Gaulle, longtemps considéré comme l’un des principaux symboles de la présence militaire française en Afrique centrale, passe sous responsabilité gabonaise. Le site doit toutefois continuer à accueillir des activités de formation dans le cadre d’un partenariat réorganisé et cogéré par les deux pays, plutôt que de fonctionner comme une base française traditionnelle.
Cette restructuration s’accompagne de la disparition du 6e bataillon d’infanterie de marine, installé à Libreville depuis 1975. Le 6e BIMa a été remplacé par une structure davantage tournée vers la coopération, la formation militaire et le partage d’expertise avec l’armée gabonaise.
La décision marque un changement historique dans les relations entre Paris et Libreville, même si elle ne signifie pas le départ total de l’armée française. Contrairement aux retraits complets observés dans plusieurs autres pays africains, la France maintient au Gabon un contingent réduit, sans vocation à constituer une force permanente de combat.
Cette évolution s’inscrit dans la réorganisation générale du dispositif militaire français en Afrique. Paris privilégie désormais des effectifs plus légers, la formation, le renseignement et des interventions ponctuelles à la demande des États partenaires.
Le Gabon a longtemps représenté l’un des piliers de la présence militaire française en Afrique. La restitution du camp de Gaulle et la dissolution du 6e BIMa ferment une page importante de cette histoire, tout en ouvrant une nouvelle phase de coopération militaire fondée sur un partenariat présenté comme plus équilibré.
