Par Hugo Fouquet
La publication, apparue vendredi 14 août sur les médias sociaux, assure que des chercheurs auraient déterminé une date approximative à laquelle la civilisation actuelle pourrait s’effondrer. Elle s’appuie en réalité sur des travaux beaucoup plus anciens portant sur les limites de la croissance économique et démographique mondiale.
Les travaux évoqués renvoient notamment au célèbre rapport « The Limits to Growth », publié en 1972 par des chercheurs du MIT pour le Club de Rome. À partir de simulations informatiques, ceux-ci avaient étudié plusieurs trajectoires possibles concernant la population mondiale, la production industrielle, les ressources naturelles, l’agriculture et la pollution.
Ces modèles envisageaient notamment qu’en l’absence de changements majeurs, certaines trajectoires de croissance puissent conduire au cours du XXIe siècle à une forte dégradation des conditions économiques et sociales. Ils ne fixaient cependant pas une date précise annonçant la disparition ou l’effondrement de la civilisation.
L’affirmation selon laquelle « notre société s’effondrera dans quinze ans » constitue donc une interprétation spectaculaire de scénarios scientifiques destinés avant tout à mesurer les conséquences possibles d’une croissance continue dans un monde aux ressources limitées.
Le rapport The Limits to Growth est devenu l’un des travaux les plus influents — et les plus débattus — sur les limites environnementales de la croissance. Ses auteurs ne présentaient pas leurs simulations comme des prophéties, mais comme différents scénarios permettant d’observer l’évolution possible du système mondial selon les politiques économiques, démographiques et environnementales adoptées.
