Par Mon’Esse
Le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto’o Fils, a mis en garde le ministre des Sports (Minsep), Narcisse Mouelle Kombi, sur «les risques d’atteinte aux principes d’autonomie et de non-ingérence consacrés tant par les textes nationaux que par les engagements internationaux de l’État».
Dans sa correspondance, consultée samedi par la rédaction, il démonte, point par point, les arguments tenus la veille par son correspondant, qui a saisi son homologue de l’Administration territoriale pour solliciter l’interdiction immédiate de toutes les assemblées constitutives et électives dans le domaine du football sur l’ensemble du territoire national, une mesure qui vise notamment l’assemblée générale élective que la Fecafoot prévue le 29 novembre dans la capitale, Yaoundé.
A M. Mouelle Kombi, qui évoque une violation de la loi, le non-respect des statuts de 2021, l’exclusion de certains acteurs, l’intégration de clubs fictifs dans le corps électoral, les contentieux non résolus et la défiance envers l’autorité de tutelle, l’ex-goléador précise que «conformément aux statuts et aux normes internationales, le déroulement des élections ne saurait être suspendu, retardé ou conditionné par une prise de position administrative étrangère» aux textes fédéraux.
Relevant des «contradictions majeures», ainsi que des «limites de fond et de forme» dans la démarche du Minsep, Samuel Eto’o relève que son contradicteur n’est investi d’aucun pouvoir d’appréciation ou de qualification de la «situation», pouvant justifier la paralysie du fonctionnement d’une fédération sportive reconnue par l’État.
«Le ton de votre correspondance — mêlant refus, avertissements, appréciations personnelles, critiques de contexte et menace implicite de non-reconnaissance du scrutin — peut objectivement être interprété comme : une tentative d’influence sur un processus électoral autonome, une pression administrative dépourvue de base légale, voire une atteinte à l’équilibre des relations entre l’État et une association investie d’une mission de service public mais régie par le droit privé.»
Pour le président de la Fecafoot, une telle posture, même involontaire, fait courir au Cameroun un risque réel de contentieux international et de sanctions disciplinaires, conformément aux règles de la Fédération internationale (Fifa) et de la Confédération africaine de la discipline (Caf), relatives aux ingérences gouvernementales.
Tout en priant le Minsep de bien vouloir reconsidérer sa décision d’interdiction de la tenue des assemblées de la fédération, Samuel Eto’o demande son correspondant de permettre aux représentants de son département de prendre part au processus, conformément à l’esprit d’apaisement et de respect institutionnel que lui-même évoque dans sa correspondance.
La crise interne qui secoue la Fecafoot dure depuis plusieurs mois, rappelle-t-on, et oppose le camp de Samuel Eto’o Fils à de nombreux acteurs de la discipline, les contestations portant principalement sur la gestion fédérale, les règles électorales ainsi que la représentativité des organes dirigeants.
