Par Sandra Embollo
Dans une déclaration particulièrement sévère, l’ancien président de la Fédération américaine de football affirme qu’il lui est impossible de soutenir une telle initiative. « Je ne peux pas rester les bras croisés pendant que la Fifa envisage de vendre une part de la Coupe du monde », écrit-il, qualifiant le projet de « mauvais accord pour le football ». Carlos Cordeiro insiste également sur le fait qu’il n’a joué aucun rôle dans l’élaboration de cette proposition et qu’il s’y oppose « sans équivoque ».
Le projet porté par Gianni Infantino prévoit la création de Fifa Forward Enterprise (Ffe), une société valorisée à près de 20 milliards de dollars qui regrouperait les actifs commerciaux les plus lucratifs de la Fifa. L’organisation envisage d’en céder une participation à des investisseurs privés afin de lever environ 4,2 milliards de dollars, une décision qui devra être soumise au vote des 211 fédérations membres avant le 19 septembre.
La démission de Carlos Cordeiro intervient alors que l’opposition au projet ne cesse de grandir. L’Uefa a unanimement rejeté l’initiative et menace de boycotter les compétitions de la Fifa si elle est adoptée. La Concacaf et la Confédération asiatique de football (Afc) ont également exprimé leurs profondes réserves, estimant que la Coupe du monde constitue un patrimoine du football mondial qui ne doit pas être ouvert aux intérêts de fonds d’investissement privés.
Malgré cette fronde sans précédent, la Fifa assure que le processus de consultation se poursuivra jusqu’au vote final des associations membres. Mais le départ spectaculaire de l’un des plus proches collaborateurs de Gianni Infantino constitue un nouveau revers politique pour le président de l’instance mondiale, déjà confronté à une contestation croissante autour de sa gouvernance et de sa stratégie de commercialisation du football.
