Par Ilyass Chirac Poumie
Le préfet du département du Wouri, Mvogo Sylyac Marie, a signé un arrêté interdisant la manifestation dénommée « Vendredi en Noir », prévue le vendredi 10 avril 2026 à 15h30 au siège du mouvement Stand Up For Cameroon, situé à Bali, dans l’arrondissement de Douala 1er.
Dans ce document officiel, l’autorité administrative justifie cette décision par « les nécessités de préservation de l’ordre public », évoquant des appels à mobilisation relayés sur les réseaux sociaux. L’arrêté interdit non seulement la rencontre concernée, mais également tout attroupement, marche ou manifestation publique non déclarée sur l’ensemble du département du Wouri à la même date.
Les contrevenants s’exposent à des sanctions conformément à la réglementation en vigueur, précise le texte, dont l’exécution est confiée aux sous-préfets, aux forces de gendarmerie et aux commissaires de police de Douala.
En réaction, le mouvement Stand Up For Cameroon, à travers un communiqué signé de Kah Walla, dénonce une « interdiction préventive » qu’il juge injustifiée et révélatrice d’une dérive autoritaire. Selon les révélations d’une source à Panorama Papers, la rencontre hebdomadaire visait exclusivement une discussion citoyenne autour de la création récente d’un poste de vice-président au Cameroun.
Le mouvement s’interroge sur les motivations réelles des autorités administratives, estimant qu’une simple réunion privée de réflexion ne saurait constituer une menace pour l’ordre public. Il dénonce par ailleurs une tendance à « la répression des espaces de réflexion citoyenne » dans un contexte marqué par des difficultés économiques et sociales.
Malgré l’interdiction, Stand Up For Cameroon appelle les citoyens à se vêtir de noir en signe de protestation et réaffirme sa détermination à poursuivre le débat sur les réformes institutionnelles, notamment la question de la vice-présidence.
Depuis plusieurs mois, le Cameroun est confronté à des tensions politiques croissantes, sur fond de réformes institutionnelles et de contestations citoyennes. La création d’un poste de vice-président, évoquée lors d’un récent congrès du Parlement, suscite des interrogations et alimente le débat public, dans un climat de méfiance accrue envers les institutions.
