Par Sandra Embollo
Douala, 8 octobre 2026 (Panorama Papers) – Le dossier du M/V Black Rhino rebondit. Dans un communiqué de presse daté du 7 octobre, relayé ce jeudi par le journaliste Boris Bertolt, l’intersyndical du Chantier naval et industriel du Cameroun (CNIC) monte au créneau sur le sauvetage du navire, abordé les 11 et 12 juillet derniers dans le chenal de Douala-Bonabéri lors d’une collision avec le M/V Sea Honor.
Les ouvriers affirment avoir « sacrifié un mois de salaire » pour remettre en état la barge JUPITER 111, tout en restant créditeurs de vingt mois d’arriérés. Ils dénoncent un appel d’offres entaché d’irrégularités pour le renflouage de l’épave et affirment que l’ordonnance de référé n°585/H du 31 août 2026, suspendant la procédure, aurait été ignorée. Selon eux, une société étrangère — nommée YOOEL — serait favorisée au détriment du chantier national.
Leurs revendications : faire respecter la décision de justice, réserver au moins 50 % des travaux au CNIC et protéger l’emploi local. Ils interpellent directement le ministère des Transports.
Ces allégations restent unilatérales et n’ont pas été corroborées de manière indépendante : ni la version du ministère, ni celle du Port autonome de Douala, ni celle de l’adjudicataire ne sont disponibles à ce stade. Le contexte, lui, est établi : après l’abordage, le ministre des Transports s’était rendu à Douala, une enquête avait été ouverte et huit recommandations formulées pour sécuriser le chenal.
Si les faits dénoncés par l’intersyndical sont avérés, c’est une décision de justice qui aurait été piétinée dans l’un des dossiers maritimes les plus sensibles de l’année. Sinon, c’est un conflit social qui instrumentalise le naufrage. Panorama Papers suivra les réactions officielles.
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