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🇨🇲 Cameroun | Sept ans après: Le discours d’Ibrahim Mbombo Njoya résonne face à l’impasse institutionnelle

Sept ans après son discours sur l’alternance, les avertissements du sultan Ibrahim Mbombo Njoya résonnent dans un Cameroun confronté aux blocages institutionnels et à une transition politique toujours incertaine.

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Par Ilyass Chirac Poumie

Le 30 septembre 2019, au Palais des Congrès de Yaoundé, Ibrahim Mbombo Njoya avait créé la surprise au Grand dialogue national. Devant le Premier ministre Joseph Dion Ngute, les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, les membres du gouvernement et le corps diplomatique, le sultan des Bamoun avait ouvertement posé la question de l’alternance au sommet de l’État.

« Les Camerounais souhaitent dans leur grande majorité l’alternance. Tout être humain vit d’espoir », avait déclaré celui qui était pourtant l’une des figures historiques du système politique camerounais.

Il avait alors formulé cinq propositions : révision de la Constitution, limitation du mandat présidentiel à deux mandats de cinq ans, élection présidentielle à deux tours, révision du Code électoral et accélération de la décentralisation.

Son intervention avait immédiatement provoqué une réaction du Premier ministre Joseph Dion Ngute, qui avait rappelé que la question de la limitation des mandats ne figurait pas à l’ordre du jour du Grand dialogue national.

Sept ans plus tard, plusieurs des problèmes soulevés par Ibrahim Mbombo Njoya restent au centre du débat.

Le Cameroun connaît des reports des élections législatives et municipales, avec des mandats prorogés. Le pays reste également dans l’attente d’une nouvelle configuration gouvernementale, tandis que des difficultés beaucoup plus quotidiennes, comme la collecte des ordures dans les grandes villes, continuent d’illustrer les problèmes de fonctionnement des services publics.

Mais la question la plus sensible concerne désormais la transition au sommet de l’État.

La révision constitutionnelle du 14 avril 2026 a créé le poste de vice-président de la République et profondément modifié le mécanisme de succession présidentielle. En cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif du président de la République, le vice-président est appelé à achever le mandat en cours.

Plus de cinq mois après l’adoption de cette réforme, le poste n’a toujours pas été pourvu.

Cette absence laisse inachevé le principal mécanisme de continuité institutionnelle introduit par la nouvelle Constitution. En l’absence de vice-président, les dispositions constitutionnelles prévoient un autre mécanisme de vacance faisant intervenir le président du Sénat et l’organisation d’une élection présidentielle.

La question est devenue suffisamment importante pour que plusieurs responsables politiques réclament désormais la nomination du vice-président. Cabral Libii a notamment appelé Paul Biya à pourvoir ce poste.

C’est dans ce contexte que le discours d’Ibrahim Mbombo Njoya prend une nouvelle dimension.

Ancien ministre, sénateur, haut dignitaire du Rdpc et témoin de plusieurs décennies de l’histoire politique du Cameroun, le sultan ne s’exprimait pas en 2019 depuis les rangs de l’opposition. Il demandait pourtant au système auquel il appartenait de préparer l’alternance et de réformer les institutions.

Ibrahim Mbombo Njoya est décédé en septembre 2021.

Sept ans après son « pavé dans la mare », le Cameroun reste confronté à plusieurs des interrogations qu’il avait soulevées : l’alternance, le Code électoral, la décentralisation et, désormais, l’organisation même de la succession au sommet de l’État.

La Constitution a créé un vice-président pour assurer la continuité du pouvoir. Le poste reste vacant. Les élections locales et législatives ont été repoussées. Et les difficultés de gouvernance persistent. Autant d’éléments qui redonnent aujourd’hui une résonance particulière aux avertissements lancés par Ibrahim Mbombo Njoya en 2019.

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