Par Olivia Lemot
Pékin, 9 octobre 2026 (Panorama Papers) –_ Un pas de côté, pas un pas en avant. La Chine et l’Union européenne sont parvenues à un « understanding » sur le commerce des véhicules hybrides, a annoncé vendredi le ministère chinois du Commerce, à l’issue de deux jours de discussions « pragmatiques et productives » entre le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic et son homologue Wang Wentao. Sans détails sur le contenu, mais avec une précision qui compte : l’entente serait « conforme à l’OMC ».
L’enjeu est massif. Les importations d’hybrides rechargeables dans l’Ue ont augmenté de 86 % sur l’année à septembre, avec une baisse des prix de 20 %. Plus de la moitié de ces véhicules viennent désormais de Chine — contre 30 % en valeur en 2025. La faille est connue : en octobre 2024, Bruxelles avait imposé des droits de douane sur les véhicules électriques chinois ; les hybrides, non couverts, sont devenus la voie de contournement des constructeurs chinois.
Le déficit commercial européen avec la Chine dépasse le milliard d’euros par jour, et les deux parties ont convenu de poursuivre les discussions sur les « engagements de prix » liés à l’enquête antisubventions sur les VE chinois. Le différend, né en 2024, s’est depuis élargi au cognac, au porc, aux produits laitiers, aux terres rares.
Pour l’Afrique, l’observatrice attentive, l’équation est double : d’un côté, des véhicules chinois moins chers qui pourraient accélérer la motorisation du continent ; de l’autre, une Europe qui durcit ses défenses commerciales et risque de détourner vers les marchés africains les flux qu’elle refuse. La voiture électrique africaine de demain se négocie aujourd’hui entre Bruxelles et Pékin.
Source : Reuters.
