Par Oumou Fatoumata Diallo
Dakar, 9 octobre 2026 (Panorama Papers) – La tension monte d’un cran entre Dakar et Bissau. Au lendemain des déclarations du Premier ministre de transition bissau-guinéen Ilídio Vieira Té — « les conditions ne sont pas réunies » pour tenir la présidentielle et les législatives du 6 décembre —, le Sénégal est sorti de sa réserve.
Dans un communiqué publié jeudi 8 octobre, le ministère sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur dit « prendre acte » des contraintes juridiques, techniques et institutionnelles invoquées par les autorités de transition. Mais Dakar pose ses conditions : toute modification du calendrier électoral devra découler d’un « cadre de concertation inclusif » avec l’ensemble des acteurs politiques et sociaux, et les restrictions pesant sur les activités politiques et civiques devront être levées.
Le diagnostic de Bissau est sévère : à l’issue d’une rencontre avec le président de transition, le général Horta N’Tam, Ilídio Vieira Té et la première vice-présidente de la Commission électorale nationale Felisberta Moura Vez ont jugé « techniquement impossible » d’organiser les scrutins à la date prévue — aucune candidature déposée, directions des partis « caduques », procédures de dépôt non respectées. La coalition d’opposition Pai-Terra Ranka dénonce, elle, un « coup de force institutionnel » visant à prolonger la transition sans échéance.
En toile de fond : un pays dirigé par des militaires depuis le coup d’État du 26 novembre 2025 qui a renversé Umaro Sissoco Embaló, une transition de douze mois qui s’achève, et un ex-président interdit de retour au pays. Le Sénégal, garant autoproclamé de la stabilité sous-régionale, joue gros : si le scrutin du 6 décembre capote sans consensus, c’est toute la crédibilité de la médiation de la Cedeao — dont Dakar assure la présidence — qui vacille.
