Home PolitiqueAfrique🇸🇳 Sénégal / 🇬🇼 Guinée-Bissau | Report des élections : Dakar durcit le ton face aux autorités de transition de Bissau

🇸🇳 Sénégal / 🇬🇼 Guinée-Bissau | Report des élections : Dakar durcit le ton face aux autorités de transition de Bissau

Le Sénégal, président en exercice de la Cedeao et médiateur dans la crise bissau-guinéenne, a officiellement réagi au blocage du processus électoral : Dakar « prend acte » des contraintes invoquées par Bissau, mais exige que toute modification du calendrier du 6 décembre s'inscrive dans une démarche « consensuelle, inclusive et transparente » — et réclame la levée des restrictions sur les activités politiques. Un avertissement à peine voilé aux militaires au pouvoir.

0 comments

Par Oumou Fatoumata Diallo

Dakar, 9 octobre 2026 (Panorama Papers) – La tension monte d’un cran entre Dakar et Bissau. Au lendemain des déclarations du Premier ministre de transition bissau-guinéen Ilídio Vieira Té — « les conditions ne sont pas réunies » pour tenir la présidentielle et les législatives du 6 décembre —, le Sénégal est sorti de sa réserve.

Dans un communiqué publié jeudi 8 octobre, le ministère sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur dit « prendre acte » des contraintes juridiques, techniques et institutionnelles invoquées par les autorités de transition. Mais Dakar pose ses conditions : toute modification du calendrier électoral devra découler d’un « cadre de concertation inclusif » avec l’ensemble des acteurs politiques et sociaux, et les restrictions pesant sur les activités politiques et civiques devront être levées.

Le diagnostic de Bissau est sévère : à l’issue d’une rencontre avec le président de transition, le général Horta N’Tam, Ilídio Vieira Té et la première vice-présidente de la Commission électorale nationale Felisberta Moura Vez ont jugé « techniquement impossible » d’organiser les scrutins à la date prévue — aucune candidature déposée, directions des partis « caduques », procédures de dépôt non respectées. La coalition d’opposition Pai-Terra Ranka dénonce, elle, un « coup de force institutionnel » visant à prolonger la transition sans échéance.

En toile de fond : un pays dirigé par des militaires depuis le coup d’État du 26 novembre 2025 qui a renversé Umaro Sissoco Embaló, une transition de douze mois qui s’achève, et un ex-président interdit de retour au pays. Le Sénégal, garant autoproclamé de la stabilité sous-régionale, joue gros : si le scrutin du 6 décembre capote sans consensus, c’est toute la crédibilité de la médiation de la Cedeao — dont Dakar assure la présidence — qui vacille.

You may also like

Leave a Comment