Home EconomieAfrique🇬🇳L’essentiel de l’actualité africaine de la semaine à retenir: Industrie investissements et nouveaux projets

🇬🇳L’essentiel de l’actualité africaine de la semaine à retenir: Industrie investissements et nouveaux projets

Du Gabon au Nigeria, du Cameroun au Sénégal, en passant par le Burkina Faso et le Niger, l’actualité africaine de cette semaine est marquée par des investissements dans les usines, les raffineries, l’agriculture, les mines, les infrastructures, la santé et les technologies. Derrière ces annonces, une même préoccupation revient : comment produire davantage sur le continent et conserver une plus grande part de la valeur créée à partir des ressources africaines ?

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Par Julie Peh

Au Gabon, la bataille autour du poulet importé se poursuit. Libreville veut interdire les importations de poulet de chair à compter du 1er janvier 2027. Washington conteste cette décision devant l’Organisation mondiale du commerce. Le gouvernement gabonais dit privilégier la négociation et les exceptions prévues par les règles de l’OMC afin d’éviter un contentieux commercial. À Port-Gentil, les Aciéries du Gabon, filiale du groupe Foberd, ont lancé leur première production le 17 septembre. L’usine transforme des rebuts ferreux collectés localement en acier et en produits destinés notamment au secteur du bâtiment. L’investissement annoncé est de 6 milliards de FCFA, avec 500 emplois attendus, dont 200 directs et 300 indirects selon les autorités gabonaises.

D’un côté, le Gabon cherche à limiter certaines importations. De l’autre, il développe une industrie capable de transformer sur place une matière première disponible dans le pays.

Au Nigeria, Dangote poursuit son expansion

La raffinerie Dangote fonctionne actuellement à 700 000 barils par jour. Le groupe prévoit de porter cette capacité à 1,4 million de barils par jour d’ici 2029, avec un programme d’expansion évalué à 14,3 milliards de dollars. Le groupe veut également faire passer ses mouvements de navires d’environ 300 à 1 800 par an. Sur le marché boursier, les actions de la raffinerie sont proposées à 525 nairas dans le cadre de son introduction en Bourse. Aliko Dangote estime que le titre pourrait atteindre 10 000 nairas, sans donner de calendrier. Il s’agit de son estimation personnelle, et non d’une garantie sur l’évolution du cours.

Le Nigeria cherche également à tirer davantage parti de son partenariat avec les BRICS pour attirer des investissements dans l’agriculture, l’énergie, les minerais critiques, l’industrie et les technologies.

Au Burkina Faso, santé, éducation et administration au programme

Ouagadougou travaille à la ratification de l’accord BBNJ sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine en haute mer. Dans le secteur de la santé, le CHU de Tengandogo développe la pose de prothèses totales du genou avec une équipe burkinabè. Le groupe Coris Bank s’est engagé à mobiliser 712 millions de dollars pour la construction de quatre hôpitaux universitaires et de 27 écoles.

Le gouvernement veut également accélérer le retour de l’administration dans les territoires reconquis et poursuivre la numérisation des services publics.

Au Niger, jusqu’à 414 millions de dollars pour l’uranium de Dasa

Les États-Unis ont approuvé une facilité de financement pouvant atteindre 414,2 millions de dollars pour le projet d’uranium de Dasa, porté par la société canadienne Global Atomic. Le financement reste soumis à plusieurs conditions, notamment concernant la route d’exportation du yellowcake, les autorisations minières et les accords définitifs avec les autorités nigériennes.

Le dossier intervient alors que les relations entre le Niger et plusieurs puissances occidentales connaissent une profonde recomposition.

Au Cameroun, investissements et expansion régionale

Yaoundé et la Banque islamique de développement ont signé un financement d’environ 27,5 milliards de FCFA pour le Projet de développement rural intégré du Dja. Le programme prévoit notamment l’aménagement de 420 hectares de terres agricoles et la réhabilitation d’environ 300 kilomètres de routes rurales dans les régions de l’Est et du Sud.

Entre janvier et juillet 2026, les exportations camerounaises de biens vers les États-Unis ont atteint 151,9 milliards de FCFA, contre 69,3 milliards sur la même période en 2025. Cela représente une progression de 119,2 %. Les données américaines montrent cependant que cette hausse est surtout concentrée sur les mois d’avril et de mai.

Dans le secteur bancaire, CCA-Bank a obtenu l’autorisation d’ouvrir une filiale au Congo. Son capital est passé de 29 à 61 milliards de FCFA et le groupe vise d’autres marchés africains.

À Douala, la société pakistanaise Sunrise Food envisage également d’implanter un complexe agroalimentaire à Japoma. Des audiences publiques sont prévues du 21 au 26 septembre.

Autre information concernant le Cameroun : le Port autonome de Kribi occupe la 395e place sur 400 dans le classement 2025 de performance des ports à conteneurs, publié en 2026. Son classement s’est fortement dégradé depuis 2020. Pour le Cameroun, le développement industriel passe donc aussi par la capacité à transporter les marchandises, à les exporter et à les acheminer dans de bonnes conditions.

Au Sénégal, Sadio Mané investit dans l’agro-industrie

À Bambali, Sadio Mané a lancé le 19 septembre 2026 , le projet SM10 Agro, un investissement annoncé à 11,7 milliards de FCFA. Le projet couvre 500 hectares et prévoit une capacité de transformation de 8 500 tonnes par an, ainsi que plus de 1 000 emplois directs au démarrage.

Une partie du projet est consacrée à la transformation de la mangue. Un choix qui renvoie à une difficulté bien connue du secteur agricole africain : une partie importante de la production quitte encore le continent sous forme brute, alors que la transformation, le conditionnement et la commercialisation permettent de générer davantage de revenus.

Dans le sport, le gardien Édouard Mendy, 34 ans, a annoncé sa retraite internationale après 59 sélections.

En Guinée, France 24 interdite de diffusion

Le 17 septembre 2026 , la Haute Autorité de la communication a interdit la diffusion de France 24 en Guinée et retiré les accréditations de ses correspondants. La décision fait suite à un différend autour d’un qualificatif utilisé à l’antenne pour désigner le président Mamadi Doumbouya. France 24 a reconnu et corrigé l’erreur.

Cette décision relance le débat sur les relations entre les autorités africaines, les médias internationaux et le contrôle de l’information.

En Afrique du Sud, l’IA au cœur des discussions

Au sommet des BRICS à New Delhi, Cyril Ramaphosa a proposé la création d’un mécanisme international chargé de l’évaluation scientifique indépendante de l’intelligence artificielle. Le président sud-africain défend notamment davantage de contrôle humain, des audits externes et des mécanismes permettant de signaler les incidents graves liés à l’IA.

Pour les pays africains, le sujet ne concerne pas seulement l’utilisation de ces technologies. Il porte aussi sur leur développement, leur réglementation et la place du continent dans les décisions qui vont encadrer leur utilisation.

Mali–Algérie : les grands projets de nouveau au centre des discussions

Bamako et Alger veulent renforcer leur coopération autour de la route transsaharienne et de la dorsale africaine de fibre optique.La liaison Bamako–Tamanrasset représente environ 2 500 kilomètres, dont près de 400 restent à construire. L’enjeu est de faciliter les déplacements, le commerce et les échanges numériques entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord.

L’Afrique dispose des matières premières. La question est désormais de savoir quelle part de leur valeur est créée et conservée sur le continent. Le karité, la gomme arabique, le cacao et la noix de cajou en donnent une bonne illustration. L’Afrique fournit une grande partie de la production mondiale de ces produits, mais la transformation et la commercialisation finale se font encore largement en dehors du continent.

Les annonces de cette semaine montrent plusieurs tentatives pour changer cette situation.

Au Gabon, une usine transforme la ferraille en acier. Au Nigeria, une raffinerie augmente ses capacités et cherche à renforcer ses activités maritimes. Au Sénégal, un projet privé mise sur la transformation agricole. Au Cameroun, des investissements sont annoncés dans l’agriculture, les infrastructures et le secteur bancaire. Au Niger, l’uranium attire de nouveaux financements. Au Burkina Faso, les investissements concernent notamment la santé et l’éducation. En Afrique du Sud, la réflexion porte sur la gouvernance de l’intelligence artificielle.

Ces projets n’ont ni les mêmes objectifs ni les mêmes moyens. Ils posent toutefois une question commune : combien de valeur l’Afrique peut-elle réellement conserver lorsqu’elle transforme elle-même ses ressources ?

La réponse ne se mesure pas uniquement au montant des investissements annoncés. Il faudra aussi regarder les emplois créés, les compétences développées localement, la participation des entreprises africaines, les recettes fiscales, les exportations et la part des bénéfices qui reste dans les économies nationales.

Le cas du Cameroun montre également qu’une industrie ne peut pas fonctionner sans infrastructures adaptées. Une usine peut produire davantage, mais si les routes, les ports, l’électricité ou la logistique ne suivent pas, une partie du potentiel économique reste bloquée.

L’enjeu est donc plus large que la construction de nouvelles usines. Il s’agit de produire en Afrique, de transformer en Afrique, de transporter en Afrique, de financer les entreprises africaines et, autant que possible, de vendre des produits à plus forte valeur ajoutée depuis le continent.

C’est sur cette chaîne complète que se jouera une partie importante de la bataille économique africaine dans les prochaines années.

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