Par Ilyass Chirac Poumie
Le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) a uni sa voix à celles d’autres organisations africaines et internationales pour demander au gouvernement camerounais de retrouver sans délai le journaliste Hans Achomba, disparu depuis le 5 novembre 2025.
Selon un communiqué conjoint publié ce 11 novembre 2025, seize organisations, parmi lesquelles le CPJ, l’International Press Institute (IPI), Access Now et la Fédération africaine des éditeurs (TAEF), expriment leur « profonde préoccupation » face à cette disparition jugée « inquiétante et symptomatique du climat d’insécurité pour les journalistes au Cameroun ».
Avant de disparaître, Hans Achomba, journaliste indépendant basé à Bamenda, avait été convoqué et interrogé par la police le 3 novembre, en lien avec ses publications sur les élections du 12 octobre 2025. Son avocat rapporte que ses papiers d’identité, dont son passeport, avaient été confisqués lors de cet interrogatoire. Il devait se présenter à nouveau à la police le 6 novembre, mais n’a plus donné signe de vie. Les forces de l’ordre affirment ne pas l’avoir en détention.
Le CPJ, qui suit de près la situation, souligne que « toute disparition d’un journaliste dans un contexte de tensions politiques met gravement en cause la responsabilité des autorités ». L’organisation appelle à « une enquête rapide, transparente et crédible » afin de déterminer si Hans Achomba a été enlevé ou détenu de manière arbitraire.
Hans Achomba n’en est pas à sa première épreuve avec les autorités. En 2017, il avait déjà été arrêté et détenu pendant plusieurs mois, accusé notamment d’« incitation à la guerre civile » et de « propagation de fausses nouvelles » dans le cadre de la crise anglophone. Il avait été libéré après l’annonce d’une mesure présidentielle de clémence.
La disparition du journaliste intervient dans un contexte de vives tensions postélectorales au Cameroun, où des manifestations ont éclaté après le scrutin du 12 octobre. Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, ont dénoncé des violences policières, faisant au moins quatre morts et des centaines d’arrestations.
Selon le CPJ, la situation de la presse au Cameroun s’est nettement détériorée ces dernières années, marquée par des intimidations, des arrestations et des disparitions de journalistes. L’organisation réaffirme sa solidarité avec la communauté médiatique camerounaise et appelle à la libération immédiate ou à la réapparition du journaliste Hans Achomba.
