Avec Joseph Ndzie Effa
Au Marché Nsam dans le 3e arrondissement de Yaoundé ce mardi, 11 novembre, du beau monde dans le rayon de la viande de boeuf. Devant les bouchers du coin, des longues files d’attente de clients se bousculent. Vendu 4000f, voire 5000 Fcfa, il y a moins d’une semaine, le kg de boeuf est soldé ici entre 2500f avec os et 3000Fcfa sans os. Une baisse du prix au grand bonheur des ménages ” c’est le normal aujourd’hui ici là. J’ai acheté le kilogramme à 3000F sans os. Ce qui était devenu impossible la semaine dernière. C’est vraiment un ouf de soulagement pour nous le petit peuple” soupire Ornella ménagère.
Tout aussi à côté d’elle, Philomène exulte eu égard à ce retour à la normale des prix du kilogramme de viande.” Nous, on est habitué à jongler chaque jour. Acheter le kilo à 4500f c’était devenu impossible pour ma famille. J’ai moi dû abandonner mon petit commerce de pain chargé avec la viande hachée que je faisais devant mon domicile. Là je suis venu acheter pour relancer ” souligne -t-elle.
Même satisfaction côté commerçants qui reprennent du service à plein régime. Seulement ici, les jours d’interruption du fait des tensions post-électorales ont laissé des séquelles ” les pertes sont énormes. Moi par exemple je les chiffre à plus de 600 milles pour mon cas” déclare Moussa, détaillant au marché Ekounou dans le 4e arrondissement. “j’espère que malgré une relance timide depuis hier ( lundi 10 Nov), les clients auront la bonne information que les prix ont chuté et vont revenir au marché ” soupire -t-il.
À Yaoundé, la viande n’avait jamais été autant si rare et n’avait jamais coûté si cher. Au marché à bétail du 8e dans le 2e arrondissement, l’activité connaît une intense accélération. En moins de trois jours, une centaine de camions en provenance du grand Nord et du Tchad voisin ont pu livrer leurs cargaisons relançant toute la chaîne d’approvisionnement de la capitale et des villes voisines.’ “Depuis que nous avons le ravitaillement , nous avons repris nos activités pour servir tous les coins” note Djibril Mahamat, le délégué du marché.
“Que ce soit Kribi, Ebolowa, Sangmelima, voire Ambam Kiossi pour les villes qui vont vers l’étranger comme Gabon, Congo. Nous allons continuer à approvisionner les marchés jusqu’à satisfaire les consommateurs” rassure l’homme d’affaires. Selon une note du ministère de l’Elevage, des pêches et des industries animales(Minepia), plus de 500 camions chargés du bétail venus de la partie septentrionale du pays, alimentent, depuis le week-end, les villes de Douala et Yaoundé. Et l’opération va encore s’intensifier. Frappés de plein fouet par les tensions post-électorales, vendeurs et consommateurs formulent le vœu d’un retour rapide à la situation normale.
