Par Sandra Embollo
Une cour d’appel américaine a de nouveau annulé vendredi 11 juillet l’accord de peine négociée pour Khalid Cheikh Mohammed, considéré comme le « cerveau » des attentats du 11 septembre 2001, retardant encore la tenue de ce procès capital devant un tribunal militaire.
« Le ministre a agi dans les limites de ses pouvoirs légaux et nous ne souhaitons pas remettre en cause son jugement », explique la cour d’appel, concluant à une série d’« erreurs indiscutables » de la part du juge militaire.
Accusés du meurtre de près de 3 000 personnes
Khalid Cheikh Mohammed, Walid Bin Attash et Mustafa Al-Hawsawi, tous trois détenus dans la prison de la base militaire américaine de Guantanamo, sur l’île de Cuba, sont accusés de « terrorisme » et du meurtre de près de 3 000 personnes dans les attentats sur le sol américain, un des épisodes les plus traumatiques de l’histoire des Etats-Unis. Les termes de l’accord n’avaient pas été rendus publics mais selon les médias américains, ils avaient accepté de plaider coupables d’association de malfaiteurs en échange d’une peine de prison à perpétuité, au lieu d’un procès qui aurait pu conduire à leur exécution.
Khalid Cheikh Mohammed est surtout connu en raison de la photo prise de lui le soir de sa capture, en 2003, les cheveux ébouriffés et la moustache touffue, vêtu d’un pyjama blanc. Ce Pakistanais élevé au Koweït, dit « KSM » (S pour Sheikh en anglais), a été transféré à Guantanamo en septembre 2006, après être passé par les prisons secrètes de la CIA en Pologne pour y subir des séances d’interrogatoire sous la torture. Il a notamment été soumis 183 fois au waterboarding (noyade simulée) en quatre semaines.
Les trois hommes n’ont jamais été jugés, la procédure s’étant embourbée autour de la question de savoir si les tortures subies rendaient irrecevables les preuves retenues contre eux. « J’étais responsable de l’opération du 11-Septembre, de A à Z », avait fièrement déclaré Khalid Cheikh Mohammed devant un tribunal militaire. Il a aussi dit avoir été à la manœuvre de trente autres opérations, dont des attentats liés à Al-Qaida à Bali (Indonésie) et au Kenya ainsi que du meurtre du journaliste américain Daniel Pearl au Pakistan.
