Par Ilyass Chirac Poumie
Presque tous les recours ont été rejetés au Conseil constitutionnel sur les 35 invoqués relatifs à l’élection du 12 octobre, lors d’une session publique lundi 4 août 2025, au Palais des Congrès de Yaoundé.
Maurice Kamto a produit deux recours. Un en contestation de la non-publication du corps électoral national, en s’appuyant notamment sur l’article 80 du Code électoral et dénonçant des listes électorales obsolètes ou manquantes.
Et l’autre pour contre l’invalidation de sa candidature par Elecam, jugée irrégulière en raison d’une « pluralité d’investitures » au sein du parti Manidem, alors que deux candidatures y auraient été déposées, dont celle de Dieudonné Yebga validée à sa place.
Régulation électorale
Malgré sa mission de régulation, le Conseil constitutionnel est régulièrement critiqué pour sa proximité supposée avec le parti au pouvoir (RDPC), notamment par les opposants qui dénoncent un manque d’indépendance. Kamto a également exprimé sa méfiance sur des nominations controversées au sein dudit Conseil, accusant l’État de vouloir renforcer son influence via cet instance stratégique.
Les scénarios possibles
Délibération À l’issue des plaidoiries, les juges constitutionnels rendront une décision définitive, soit confirmant, soit infirmant l’invalidation de la candidature de Kamto. Publication officielle La liste finale des candidatures validées devrait suivre rapidement la décision.
Scenario 1: Validation de la candidature de Kamto
Cela permettrait à Maurice Kamto de figurer sur la liste définitive des candidats, redonnant du crédit à l’appareil électoral et offrant une voie légale de contestation.Toutefois, ce scénario reste hautement improbable, compte tenu du contexte politique observé.
Scenario 2: Rejet du recours
Le Conseil confirmerait alors la décision d’Elecam, excluant officiellement Kamto. Cela renforcerait l’impression d’un scrutin verrouillé, avec un champ réduit d’opposants sérieux. Ce scénario est celui que la majorité des observateurs considèrent comme le plus probable.
Alors que l’audience se tiendrait demain, le sort de la candidature de Maurice Kamto est désormais entre les mains du Conseil constitutionnel, qui selon notre source, projete tout faire pendant que Yaoundé est profondément endormie. Si le recours est rejeté, Kamto sera définitivement exclu de la course présidentielle de 2025, ce qui alimentera les critiques d’un processus affaibli démocratiquement.
Si, exceptionnellement, sa candidature était validée, cela rouvrirait l’hypothèse d’une campagne plus compétitive – mais cela semble peu plausible dans le climat actuel. Ce recours est donc une étape décisive, potentiellement structurante pour la légitimité du scrutin de l’automne 2025.
